Statu quo en perspective …





La tournée, au Proche et au Moyen-Orient, qu’effectue actuellement le démocrate Barack Obama, est un cérémonial, devenu classique auquel s’adonnent tous les candidats à l’élection présidentielle américaine. Ce périple, suivi de près aussi bien par les électeurs  U.S. que par les observateurs étrangers, est une occasion pour jauger le degré de maturité du jeune sénateur de l’Illinois particulièrement en matière de politique étrangère. En clair, l’Amérique et, par ricochet, le monde ont besoin de savoir si le futur candidat à la Maison-Blanche sera à la hauteur de la tâche qui l’attend, une fois devenu le commandant en chef de la première puissance mondiale.


Grosso modo, le test alterne les succès et les couacs, selon l’étape et le sujet évoqué.


En Afghanistan, Obama a comme prévu rappelé la nécessité de renforcer la présence militaire et a promis l’arrivée de 700 hommes s’il est élu, tout en apportant son soutien à Hamid Karzaï, le président afghan, après l’avoir vivement critiqué. En Irak, Obama, qui s’inscrit régulièrement en porte-à-faux par rapport à son rival républicain McCain, a fait part de son espoir de voir les troupes américaines retirées de l’ancienne Mésopotamie d’ici deux années. Le gouvernement et l’armée américaine ne peuvent rester là-bas pour toujours, a-t-il affirmé en substance, partageant ainsi le vœu pieux des Irakiens qui souhaitent le départ des GI’s en 2010.


En Israël, la deuxième étape de sa tournée - la plus suivie outre Atlantique - Barack Obama a loué, hier, le “miracle” de la création de l’Etat hébreu. Il signe ainsi un acte d’allégeance envers Tel-Aviv dans le cadre d’une visite de séduction qui vise à gagner les faveurs du puissant lobby juif américain. Un passage obligé, diront les  initiés de la chose politique, pour tout prétendant à l’investiture suprême aux Etats-Unis, sauf que Obama y fait quelque part un peu trop.  La preuve, il a catégoriquement approuvé en effet le raid mené par Israël l’an dernier contre un site nucléaire en Syrie, insistant même sur le “droit d’Israël à se défendre”.


Une caresse dans le sens du poil qui en dit long sur la politique étrangères des U.S.A. dans la région qui sera adoptée par la potentielle future administration Obama. Vraisemblablement, on s’oriente dare dare vers un changement dans la continuité, c’est-à-dire un statu quo improductif, plutôt porteur de perspectives incertaines, pour l’avenir. Et ce qui semble conforter cette hypothèse, c’est que le sénateur de l’Illinois a suscité récemment la polémique par ses frasques verbales qui ont laissé plus d’un circonspect et pantois. Obama a en effet provoqué une vive protestation des Palestiniens et de tous les peuples  épris de paix et de justice, pour avoir décrété, en juin, Al-Qods comme la capitale indivisible d’Israël. Traiter une question aussi délicate avec une légèreté aussi déconcertante ne peut, certainement, qu’entamer la crédibilité du candidat Obama, particulièrement vis-à-vis du Monde arabe. Un candidat qui gagnerait certainement à éviter les erreurs et à apporter les rectificatifs nécessaires notamment en matière de politique étrangère, s’il aspire réellement améliorer l’image de son pays dans le monde, mise à mal par les bourdes monumentales commises au nom de la “guerre contre le terrorisme”.


Choki BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com