Coupe de la CAF : Tir groupé à trois, fiction ou réalité ?






La finalité tant quêtée par la Tunisie est que trois de ses quatre équipes représentatives en Coupe de la CAF, accèdent au tour suivant, celui de la phase des poules, le duel fratricide EST - ESS, condamnant fatalement  l’une d’elles à la disparition. Mais si le CSS a pour lui la sérénité, le CA risque fort la calamité.


 


A El Menzah, la confrontation tuniso-tunisienne entre l’EST et l’ESS sera quelque peu marquée du sceau de la lassitude, malgré l’enjeu de mise. En effet, après le final du championnat (match de la dernière journée), la finale de la Coupe de Tunisie, le match aller de la Coupe de la CAF, place, ce soir, à une quatrième rencontre, en un laps de temps très réduit. A cette donne, il faudra ajouter l’état de forme très approximatif des joueurs à pareille période de l’inter-saison, ainsi que la canicule qui sévit actuellement, pour avoir toutes les raisons de penser que la montagne accoucherait d’une souris. Ça, c’est du moins au niveau de la teneur qualitative du jeu. Sur le plan enjeu toutefois, l’emballage est loin d’être fait en faveur de l’ESS. C’est qu’en dépit de ce (0-2) relativement pénalisant de l’aller, les Sang et Or sont en mesure de renverser la tendance, pour peu que la motivation soit à son paroxysme.


En outre, sur le rectangle vert, et quoique diminuée, l’EST aura en face d’elle, un tout autre antagoniste, lui aussi, fortement handicapé, peut-être même de façon plus prononcée. En effet, si du côté espérantiste il y aura les absences de Kasraoui et Mahjoubi, tous deux blessés, et Bekri auteur d’une fugue, à déplorer, contre le retour de Hammi, du côté étoilé, une belle brochette de joueurs fera défaut, à savoir Chermiti et Nafkha, suspendus, Narry, Berradhia et Gharbi, blessés. Ce sera, en tout cas, une belle opportunité pour les jeunes des deux bords de s’illustrer et de s’imposer. Citons S. Derbali, Bouazzi, Yousfi, Mejri, d’une part, Abdennour, Bejaoui, Tembo, Sacko, Bukari, de l’autre. Nous faisons allusion, plus haut, à l’émulation, elle aura certainement une coloration juvénile.


 


Le CSS, timon bien en mains


De tous les clubs tunisiens, le CSS possède, sur le papier tout au moins, la mission la moins malaisée. Mais au même titre que l’EST, l’ESS et le CA, il pâtit d’un effectif fortement réduit, de l’ordre de 17 joueurs environ. Et parmi les absences les plus remarquées, il y a lieu de citer celles du Ghanéen Apoku, suspendu, et du Congolais Silla, pas assez compétitif, après la prolongation abusive de ses vacances. Les Sfaxiens savent pertinemment qu’il ne faut jurer de rien en football et ils ont beau se targuer de la distinction de champion en titre, ou s’enorgueillir d’avoir arraché la parité (2-2) après avoir été menés (0-2) en Afrique du Sud, ils joueront la prudence. Il s’agit, en fait, d’un savant magma entre prudence et audace, à la lumière de la titularisation annoncée de deux pivots, à savoir Bergaoui et Hammi, et du recours à trois attaquants, Kouassi, Younès et Da Silva en l’occurrence, avec, bien entendu, des consignes de placement et de replacement, en fonction des données de la situation du moment.


Sagacité et humilité, tel sera donc le mot d’ordre des Sfaxiens.


 


CA: le moment de prouver sa personnalité


C’est un vrai truisme que d’affirmer que le CA jouera dans le chaudron «Séko Touré», sur un terrain miné.


Il y a d’abord l’adversité et l’hostilité du public local. Il y a aussi l’irrécusable valeur foncière d’un Djoliba forçant le respect. Toutefois, le vrai adversaire du CA, serait… le CA. C’est que les Clubistes n’arrivent toujours pas à recouvrer leurs qualités coutumières, celles-là mêmes qui ont fait de lui le champion de L1 professionnelle. Il est vrai qu’à l’instar des autres clubs tunisiens, les Clubistes, en pleine inter-saison, déplorent un certain retard, au niveau physique notamment, mais ils nous ont habitués à compenser pareille lacune par une faculté de transcendance peu commune, cimentée plus tangiblement par la chaleur humaine communicative de leur entraîneur.


Il est vrai qu’objectivement, les appréhensions sont fondées, à la lumière des problèmes défensifs de mise sur les flancs et dans l’axe, du manque de fraîcheur du trio magique composé de Ouertani, Yahia et Sellami et du défaut de percussion offensive, malgré le retour de Mouihbi.


Mais, les fantassins de Ben Chikha sont conscients que les temps ne sont pas aux jérémiades, qu’une élimination à ce stade, serait la pire des choses qui puisse leur arriver, toutes responsabilités confondues, à l’orée du prochain exercice national.


Et pour se soustraire à tout fâcheux mécompte, il est impératif de reconquérir son âme, sa personnalité et son identité.


Le reste, c’est-à-dire, la voie de salut, s’enchaînera de lui-même.


 


Wahid SMAOUI


 


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* Rétro : Un trio pour une première


 


Le maximum et l’idéal pour nos clubs aujourd’hui et demain, c’est de voir trois des quatre en course passer à la phase finale pour marquer l’Histoire et entrer dans la légende de la Coupe de la CAF.


Jamais jusque-là en effet, un pays n’aura placé trois des siens en poule finale depuis l’instauration du système des poules dans cette compétition de la CAF. La Tunisie avec ESS (ou EST), le premier billet étant dans la poche, CSS (c’est presque dans la poche à moins que…) et le CA (si jamais il ne perdrait pas à Bamako) serait fortement représentée l’automne prochain dans le dernier sprint de cette coupe de la CAF qui nous a toujours souri (cinq titres jusqu’ici).


Après les deux premiers face-à-face en 2005 (en Ligue des champions) et deux nuls (0-0 et 1-1) l’ESS s’est imposée à trois reprises de suite face à l’EST (1-0 et 3-1 en 2006 Coupe de la CAF) et (2-0 en 2008 en Coupe de la CAF également).


L’EST saura-t-elle mettre fin à sa série noire et signer son premier succès africain devant les Etoilés?


 

A.D.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com