Les Palestiniens, les premiers perdants






Nous avons cru, ces dernières semaines, que la crise qui déchire les frères palestiniens était pratiquement résolue. Mais hélas, il semble qu’il n’en est rien. Les démons d’une guerre fratricide entre le Hamas et le Fatah ont resurgi et  ce, au grand dam de tous ceux qui croient fermement en l’unicité de la cause palestinienne.


Hier encore, les forces de sécurité palestiniennes ont arrêté en Cisjordanie plus de cinquante membres du mouvement Hamas, qui a mené une vague d'arrestations à Gaza après un attentat à la bombe vendredi soir. La veille, des affrontements interpalestiniens ont fait plusieurs blessés à Gaza.


Les causes profondes de cette division entre les deux groupes, on les connaît tous. Il est donc inutile d’y revenir plus longuement. Seulement, il est utile de rappeler à ce propos que les derniers développements sont alarmistes et ce à plusieurs niveaux.



Cette dernière escalade est en effet dangereuse puisqu’elle intervient au moment où, sous pression internationale et notamment arabe, les Palestiniens semblent avoir réussi à trouver un terrain d’entente pour négocier avec l’ennemi commun sous une seule bannière. Cela a été possible, entre autres, suite à l’accord tacite de non-agression entre le Hamas et Israël, ce qui ouvrait la voix à des négociations sérieuses avec l’Etat hébreu qui a longtemps compté sur la division des Palestiniens pour justifier ses agissements dans les Territoires.


Pour étayer cette thèse, il faut analyser le discours tenu hier par le Premier ministre israélien.


Pour la première fois, ce dernier a émis ouvertement un doute sur la possibilité de parvenir à un accord « d'ici la fin de l'année » avec les Palestiniens en raison de divergences sur Al-Qods.


« Je ne crois pas que nous pouvons parvenir à une entente incluant Al Qods d'ici la fin de l'année", a-t-il déclaré.


C'est la première fois que le Premier ministre reconnaît aussi clairement qu'un accord avec les Palestiniens, qui exigent un règlement de la question d’Al-Qods-est annexé par Israël, est irréalisable avant la fin 2008. Et cela n’est pas un hasard. Ce n’est pas un hasard que ces propos interviennent au même moment que ce regain de tensions entre les factions palestiniennes.


Autant dire qu’aussi bien le Hamas que le Fatah ont donné sur un plateau une bonne excuse aux Israéliens pour se défaire de leurs engagements.


On pourra toujours dire que l’Etat hébreu est passé maître en matière de mensonge, seulement pourquoi l’aider dans sa besogne ?


Une question qu’on pose aujourd’hui aux factions palestiniennes qui se font la guerre entre eux, oubliant ainsi leur raison d’être : libérer la Palestine de l’occupation israélienne et créer, enfin, un Etat pour les Palestiniens.


 

M.A.B.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com