«Slam alikom» de Hatem Karoui : Du Slam, épicé à la tunisienne !

Le slam, une vraie épidémie qui ne cesse de se propager et de frapper ici et là dans le monde entier… au bonheur du grand public. Succombant à cette épidémie, Hatem Karoui n’a pas essayé à faire de la résistance. Au contraire, il s’y est laissé aller, donnant naissance à « Slam alikom », un premier spectacle du Slam tunisien pur et dur. Le prochain rendez-vous sera pour le 1e août, au café culturel «Le Karrousel».

 

Seul le pur hasard a fait de Hatem Karoui - ce diplômé de l’Institut Supérieur de Gestion (ISG) et fonctionnaire auprès de «Tunisiana» - le premier slameur en Tunisie, du moins le premier à être médiatisé et à donner des spectacles organisés et officiels. Un premier pas qui a annoncé une naissance tunisienne de ce nouveau genre d’expression artistique qui ne cesse de propager dans le monde entier et surtout aux Etats-Unis d’Amérique et en France. Le succès fou de l’expérience du Grand Corps Malade en témoigne ! Revenons à notre artiste Hatem Karoui qui a découvert en échangeant quelques SMS avec une amie qu’il est en train de broder des brefs et jolis messages qui sortent du lot. «Quand j’ai envoyé ces messages et je n’ai pas cherché à les enjoliver mais j’ai écrit vraiment ce qui m’est venu à l’esprit, à ma façon. Alors quand cette amie m’a fait la remarque, j’ai commencé à réfléchir sérieusement à cette nouvelle expérience artistique. J’ai demandé l’avis d’un autre ami Mehdi Rekik- guitariste- qui à son tour m’a félicité et m’a encouragé à poursuivre l’expérience. Je me rappelle très bien, c’était en décembre 2007. Le déclic de cette délicieuse aventure était les SMS mais cela n’empêche que j’ai été prêt pour aller encore plus loin car j’ai déjà une bonne petite expérience théâtrale», nous a souligné Hatem Karoui qui s’est déjà formé dans les ateliers lancés par El Teatro. Une expérience enrichissante qui fait sa fierté et qui a nourri sa passion pour le 4e art. «J’ai beaucoup appris de ces ateliers. Cette année aussi, j’ai choisi de rejoindre El Teatro pour participer à des projets artistiques qui seront présentés dans le cadre du programme «Studios El Teatro». C’est vraiment enrichissant !», a noté ce slameur qui a choisi d’aller loin, donnant naissance à son premier spectacle intitulé tout simplement «Slam alikom» ( qui signifie Salut à vous). Présenté en mars dernier à guichets fermés à El Teatro, ce spectacle a connu un succès fou auprès du grand public venu à la découverte de ce genre nouveau dans nos murs, basé essentiellement sur le jonglage avec les mots et les images. Mais pour que ce projet soit bien présenté, Hatem Karoui a invité Mehdi Rekik (guitariste) et Néjib Rekik (percussionniste) à partager avec lui cette aventure artistique. «Nous étions agréablement surpris par l’accueil chaleureux d’un public très nombreux qui est venu à notre soutien. Je pense que le public a aimé notre spectacle car il a été bien ancré dans le vécu tunisien», se souvient ce slameur. Et d’ajouter «Avec ces textes purement tunisiens, présentés sur un fond musical bien recherché et riche en notes de rock, soul, jazz et bien sûr des notes typiquement tunisiennes, nous avons pu toucher le public et même l’impliquer dans le spectacle et c’est l’essentiel dans les spectacles du slam». En fait, juste un mois, le trio est devenu un quatuor avec l’arrivée du pianiste Oussama Mhidi. Avec un autre cycle de représentations au théâtre d’Art Ben Abdallah, à dans des cafés culturels à Tunis et à Bizerte, ce quatuor a goûté à d’autres succès. «Comme vous le savez, le Slam est toujours présenté dans les cafés culturels…Le Slam est un précieux moment de partage d’un texte, d’une émotion, d’une idée…C’est un moment d’écoute qui doit se faire dans un cadre très approprié. Les cafés culturels et les scènes conviviales comme celles d’El Teatro, du théâtre d’Art Ben Abdallah ou même le Centre Culturel de Bir Lahjar donnent d’autres dimensions aux représentations du Slam», a noté notre invité qui s’apprête à se lancer dans une tournée estivale avec son « Slam alikom » qui change d’un espace à un autre. «Avec chaque représentation, j’ai introduit de nouveaux textes. Ce n’est pas aussi facile mais j’essaie de le faire au bonheur du public. Parfois, trouver les mots adéquats pour un texte de 3 minutes ou 5 minutes au maximum est un vrai défi», a précisé Hatem Karoui que vous pouvez découvrir au Café Culturel «Le Karrousel», du côté de l’Avenue Hédi Nouira, Ennacer 2. A voir, à écouter, puis à juger!

 

Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com