Retour à la case départ ?






Ainsi donc, le Premier ministre israélien a fini par rendre le tablier, rattrapé qu’il est par son passé. En raison de son implication présumée dans des affaires de corruption et de fraudes, Ehud Olmert vient d’annoncer en effet sa démission, devant officiellement intervenir en septembre prochain. La bataille pour sa succession à la tête de son parti, le Kadima, fait déjà rage et tous les candidats, qui briguent ce poste tant convoité, fourbissent leurs armes et mettent en avant leurs atouts dans l’espoir d’avoir le dernier  mot et faire pencher la balance en leur faveur. Ce charivari politique accapare ainsi les feux de la rampe en Israël où la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, en lutte ouverte avec le Premier ministre, est donnée favorite, talonnée par le faucon Shaul Mofaz, ministre des Transports. Quelles sont les incidences de cette tempête politique sur les négociations de paix israélo-palestiniennes ? Telle est la question qui s’impose d’elle-même mais dont la réponse dépend de nombreuses considérations.


Bien des observateurs s’accordent à penser que si Livni est élue, les tractations de paix ont une chance raisonnable de continuer. La ministre israélienne des Affaires étrangères qui mène les pourparlers de paix en cours, est d’ailleurs considérée par les Palestiniens comme relativement pragmatique. En revanche, si Shaul Mofaz l’emportait, il y a tout lieu de remettre le compteur à zéro et pour cause: l’ancien ministre de la Défense et ancien chef d’état-major, connu pour ses méthodes expéditives, s’est avéré, en effet, un partisan de la manière forte dans les Territoires palestiniens. Déjà boitillantes et extrêmement difficiles, les négociations risquent ainsi de marquer carrément le pas après le départ d’Olmert, dans l’hypothèse notamment d’un successeur moins enclin à s’investir.


La démission d’Olmert fait déjà une victime, pensent les spécialistes, et porte un coup dur à... l’Autorité palestinienne. De nombreux  responsables palestiniens admettent avoir perdu un «partenaire sérieux et impliqué personnellement dans les négociations de paix», bien qu’elles n’aient débouché jusqu’à ce jour sur aucune percée.


De là à penser qu’un accord de paix israélo-palestinien, d’ici la fin de l’année, est une chose impossible, il n’y a qu’un tout petit pas que d’aucuns n’hésitent pas à franchir. Selon toute évidence, George W . Bush quittera sous peu la Maison-Blanche sans pour autant voir son «vœu pieux» exaucé. Une succession «d’événements malencontreux» associés à la «scoumoune» ont brisé le «rêve» du Chef de l’Exécutif américain qui a tout de même essayé, quoique tardivement, de faire mieux que ses prédécesseurs.


Finalement, on revient dare dare à la case départ et on a toutes les chances de continuer à végéter dans une situation qui alterne le clair-obscur et... l’obscur-clair. On n’est pas encore sorti en somme de l’auberge avec toutes les conséquences tragiques que ce statu quo implique sur la sécurité et la stabilité de l’ensemble de la région.


 

Chokri BACCOUCHE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com