Négligences!






Le domaine de la santé publique vit ces dernières années dans une dynamique exceptionnelle caractérisée par plusieurs réformes engagées dans le but de moderniser les services de santé offerts aux citoyens. Ainsi, et conjointement à la mise en œuvre du nouveau régime de l’assurance maladie, il était primordial d’entreprendre une mise à niveau de l’infrastructure et des ressources humaines du secteur. Ainsi, les autorités concernées n’ont pas lésiné sur les moyens pour améliorer les différents aspects de prise en charge des patients par les établissements de la santé publique. Les efforts déployés dans ce sens par les ministères de tutelle (Santé Publique et Affaires Sociales) ne peuvent qu’être salués. Mais l’engagement des autorités ne saurait jamais aboutir sans une prise de conscience collective de tous ceux qui composent la sphère hospitalière. Car, la réussite d’une réforme est le résultat direct de la nature de la contribution qu’apporte chaque élément dans le système. Mieux encore, ce sont des petits détails, que beaucoup considèrent insignifiants, qui déterminent le sort d’une réforme.


C’est justement la négligence et un manque flagrant de rigueur envers un de ces «petits détails» qui nous ont interpellé dans une de nos institutions hospitalières les plus réputées. Les faits, dont nous étions témoins, remontent à samedi dernier, jour où l’on a eu à accompagner, tout l’après-midi, un proche aux services d’hématologie de l’hôpital Aziza Othmana où il devait effectuer des analyses de sang commandées par son médecin traitant. Dans ce département, le vent de la réforme semble tarder encore à souffler. La lenteur des services qui rythmait les mouvements de ceux qui assuraient la permanence en cet après-midi caniculaire de juillet est couronnée par l’accueil qui s’est résumé par une vulgarité inexplicable accompagnant les gestes et les mots d’une infirmière pourtant chargée d’assurer la prise en charge des trois patientes accueillies dans une des salles du service. Rien d’étonnant jusqu’ici… puisque ce sont des pratiques auxquelles on s’est malheureusement habitué. En revanche, ce qui nous a surpris, voire choqué c’est lorsque la personne qui a effectué le prélèvement du sang de notre patient avait tout simplement enroulé trois flacons remplis du fluide rouge dans un papier et, sans hésitation aucune, nous a demandé de les remettre au laboratoire situé à une centaine de mètres. Mais avant d’aller au labo, il fallait passer à la caisse pour payer les frais nécessaires. Demander à une personne qui ne fait pas partie du corps médical, c'est-à-dire non qualifiée, de manipuler des prélèvements sanguins destinés à l’analyse et dont les résultats serviraient de référence dans le diagnostic médical du patient est une négligence très grave, devenue pourtant ordinaire dans ce service d’hématologie d’Aziza Othmana. Les responsables, qu’on suppose ignorer de telles pratiques, devraient faire respecter les règles élémentaires censées régir un département d’hématologie. A bon entendeur !    


 

Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com