Gérard Lenorman ce soir à Carthage: Le chantre de l’amour…volé






Les amateurs de la belle chanson française des années soixante-dix accourront ce soir pour occuper une place de choix sur les travées de l’amphithéâtre de Carthage. C’est que Gérard Lenorman, cet interprète qui a bercé notre adolescence et notre jeunesse, sera là pour chanter l’amour qu’il n’a pas connu quand il était enfant, une entité qu’il n’a connue qu’à vingt ans, la quête incessante du bonheur, du vrai bonheur.


 


Lenorman qui a chanté «Sur le chemin de l’école», «Les matins d’hiver», «Michelle», «Quelque chose et moi» est né un certain mois de février 1945 d’une mère française et d’un père soldat allemand .


En cette période de guerre, une telle union était scandaleuse. Et le futur chanteur a dû attendre ses vingt ans pour connaître l’identité de son père de la bouche de sa demi- sœur. Entre-temps sa mère s’est mariée avec un français et n’a jamais ressenti de la tendresse pour ce fils de «la honte». Lenorman ne s’en remettra jamais. Cet être qui ne sait pas dire «je t’aime» jusqu’à ce jour, déborde d’amour et de tendresse et la chanson est devenue son seul registre d’expression. En 1980 quand il avait trente-cinq ans il a chanté «Pourquoi mon père» et à cette époque-là, personne ne s’est rendu compte que Gérard parlait de son propre père et de sa propre expérience. L’artiste a attendu longtemps pour dégager son angoisse, exprimer sa lassitude, en vouloir à sa propre mère. Cette fois-ci, il a choisi l’écriture. Il a écrit ce roman, l’an dernier, qui porte le titre très évocateur «Je suis né à vingt ans» faisant allusion au jour où il a appris la vérité sur son origine et sur son père allemand. Il voulait aussi faire passer un message à sa mère qu’elle puisse le lire tant qu’elle est encore de ce monde. Ce soir Gérard Lenorman est un sexagénaire mais sa voix, sa musique, l’expression de son visage sont encore celles d’un enfant qui n’a pas grandi naturellement, car on lui a volé son enfance, son sourire. Il a décidé au cours de sa carrière de chanteur de rendre un hymne à l’amour maternel qu’il n’a pas connu, à l’amour tout court. Que ceux qui n’ont pas eu l’occasion d’apprécier ses chansons à Carthage, il y a une trentaine d’années, ou au théâtre municipal lors du dernier festival de la médina profitent de l’occasion pour savourer des morceaux simples, beaux et mélodieux comme «soldat ne tirez pas», «gentil dauphin triste» ou «la balade des gens heureux» et bien d’autres titres qui nous réconcilient avec la chanson à thème. Génial ce Lenorman qui n’est pas un simple chanteur. Il est bien plus. C’est un être qui souffre depuis la minute où il est venu au monde et qui trouve la force de chanter le bonheur, l’amour, la paix et la joie.


 


Jamel BELHASSEN




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com