Géorgie-Ossétie-Russie: C’est la guerre






Des centaines d'habitants auraient été tués à Tskhinvali selon le président ossète, dans l'offensive de la Géorgie, qui a annoncé avoir "perdu le contrôle d'une partie" de la capitale de la région séparatiste, après l’avoir un moment contrôlé. La Russie affirme elle qu'il y a eu des "scènes de nettoyage ethnique".


 


Tunis – Le Quotidien


Des centaines d'habitants de la capitale de l'Ossétie du Sud, Tskhinvali, ont été tués dans l'offensive géorgienne, a annoncé, hier, le président de ce territoire indépendantiste, Edouard Kokoïty, cité par l'agence russe Interfax.


La Géorgie a "perdu le contrôle d'une partie" de Tskhinvali, qu'elle avait auparavant annoncé avoir repris, a également déclaré le porte-parole du ministre géorgien de l'Intérieur, Chota Outiachvili.


Les forces d'Ossétie du Sud reprennent progressivement le contrôle de Tskhinvali, a parallèlement assuré le président ossète, Edouard Kokoïty.


"Le quatrième bataillon de l'armée d'Ossétie du Sud" a commencé à repousser les militaires géorgiens hors du sud de la ville, a-t-il ajouté, cité par l'agence Interfax. Des centaines d'habitants de Tskhinvali ont été tués dans l'offensive géorgienne, a-t-il dit.


La capitale a été "presque entièrement détruite par les nombreux bombardements à l'arme lourde", avait assuré le commandant des forces russes de maintien de la paix, le général Marat Koupakhmetov.


 


Des "scènes de nettoyage ethnique"


Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé que des "scènes de nettoyage ethnique" avaient été signalées.


"Nous avons entendu parler de nettoyage ethnique dans des villages en Ossétie du Sud", a-t-il déclaré. "Le nombre des réfugiés augmente. Une crise humanitaire menace", a-t-il ajouté.


Plus de dix soldats russes des forces de maintien de la paix ont été tués à Tskhinvali dans l'offensive géorgienne, a par ailleurs annoncé le ministère russe de la Défense, selon l'agence Interfax.


"Des postes des forces de maintien de la paix ont été pris sous le feu des forces géorgiennes. Conséquence, plus de dix soldats ont été tués et environ 30 blessés", a déclaré le colonel Igor Konachenkov, porte-parole du commandement de l'infanterie russe.


Des détachements de la 58e armée russe sont arrivés à proximité de Tskhinvali "pour venir en aide aux soldats russes des forces de maintien de la paix", a-t-il annoncé à l'agence RIA-Novosti.. L'aviation russe a bombardé hier la base militaire géorgienne de Vaziani près de Tbilissi, selon le porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur, Chota Outiachvili. Cinq avions de combat russes ont été abattus par la chasse géorgienne.


 


Une colonne militaire russe entrée en Géorgie


Les agences russes, citant des témoins, avaient annoncé auparavant qu'une colonne militaire russe était entrée dans la région indépendantiste d'Ossétie du Sud en Géorgie. Le secrétaire du Conseil national de sécurité géorgien a déclaré que la Géorgie et la Russie seraient "en état de guerre" s'il se confirmait que des troupes et des armements russes étaient entrés en Ossétie du Sud.


Le maire de Tbilissi Guigui Ougoulava, haut responsable du parti au pouvoir, avaient annoncé dans la matinée qu'un cessez-le-feu serait observé de 11h00 GMT à 14h00 GMT a fin d'évacuer les civils d'Ossétie du Sud vers la ville géorgienne de Gori.


Le commandant du contingent russe de "maintien de la paix" en Ossétie du Sud a confirmé que les troupes géorgiennes étaient parvenues jusqu'au centre de Tskhinvali. "Les combats font rage dans le centre-ville", a déclaré, à l'agence russe Interfax, l'officier Marat Koulakhmetov par téléphone de la capitale sud-ossète, où est situé le QG du contingent russe.


Celui-ci a été touché par des bombardements géorgiens qui ont fait plusieurs morts parmi les militaires russes, avait auparavant annoncé le commandement local russe, également cité par Interfax. À Tbilissi, le président géorgien Mikheil Saakashvili avait assuré qu'une grande partie de la capitale de la province rebelle avait été "libérée". Il a en outre accusé la Russie d'avoir lancé une "opération militaire à grande échelle" contre la Géorgie.


Moscou a cependant démenti que ses forces aériennes aient attaqué la Géorgie. "Nous avons mobilisé des milliers de réservistes. Je vous demande de ne pas avoir peur des attaques", a déclaré le chef de l'Etat géorgien à ses compatriotes lors d'une allocution télévisée. "


Selon le ministère géorgien de l'Intérieur trois, appareils russes ont "largué des bombes" en deux endroits situés au sud de l'Ossétie du Sud, où les combats entre forces géorgiennes et séparatistes font rage.


Deux avions auraient attaqué un poste de police près de la ville de Kareli, blessant plusieurs civils, et un troisième aurait lâché une bombe près de Gori, où les forces géorgiennes s'étaient regroupées avant de lancer dans la nuit une offensive contre les séparatistes.


 


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* L'Ossétie du Sud, un territoire pro-russe opposé à la Géorgie


 


L'Ossétie du Sud (70.000 habitants) est, tout comme l'Abkhazie, une région séparatiste pro-russe qui a proclamé son indépendance de la Géorgie au lendemain de la chute de l'Union soviétique et l'a défendue par les armes.


Le conflit en Ossétie du Sud (3.900 km2) a éclaté fin 1990, lorsqu'elle s'autoproclame "république soviétique". Cette décision est rejetée par le parlement indépendantiste géorgien qui décrète la dissolution de la région autonome.


Le 7 janvier 1991, le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev annule les mesures prises par les Géorgiens et envoie des renforts aux troupes soviétiques stationnées en Ossétie où nationalistes géorgiens et ossètes sont aux prises.


Les forces séparatistes ossètes infligent une défaite aux Géorgiens et le 19 janvier 1992, les Ossètes du sud se prononcent par referendum pour leur indépendance et leur rattachement à l'Ossétie du Nord (qui fait partie de la Fédération de Russie).


Au terme d'un accord de cessez-le-feu conclu en juin 1992, une force d'interposition tripartite composée de soldats ossètes, géorgiens et russes, est créée, et déployée le long de la frontière entre la Géorgie et l'Ossétie du sud pour maintenir le statu quo.


Les incidents ont toutefois continué. En août 2004, des affrontements ont opposé Géorgiens et Ossètes faisant plusieurs morts des deux côtés.


L'Ossétie du Sud compte intégrer la Fédération de Russie, au côté des Ossètes du Nord, comme l'a réaffirmé en 2005 le leader ossète Edouard Kokoïty: "l'Ossétie du Sud est indépendante de la Géorgie, et nous aspirons à intégrer la Fédération de Russie".

Cette déclaration faisait suite à la présentation d'un plan par le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, prévoyant une "autonomie élargie" pour la région séparatiste et qui a été rejeté par les Ossètes.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com