Ossétie du Sud: La Géorgie déclare la guerre à la Russie






La Géorgie s'est déclarée hier en "état de guerre", accusant la Russie de l'avoir bombardée après l'offensive de Tbilissi en Ossétie du Sud, et un nouveau front semble s'être ouvert en Abkhazie, autre république séparatiste géorgienne.


 


Le Quotidien-Agences


Les indépendantistes abkhazes pro-russes ont entamé hier une opération militaire pour déloger les troupes géorgiennes des gorges du Kodori, seul secteur d'Abkhazie qui échappe à leur contrôle total, a annoncé le président abkhaze Sergueï Bagapch.


"L'aviation russe bombarde actuellement les villages de Sakeni et de Bas-Kvaptchara", des localités situées dans ces gorges, a affirmé la télévision publique géorgienne.


Les autorités abkhazes ont pour leur part annoncé que le raid avait été effectué par l'aviation abkhaze et non par les Russes.


"J'ai signé un décret sur l'état de guerre", a dit le président géorgien Mikheïl Saakachvili.


Cela peut être assimilé à une loi martiale, a expliqué le secrétaire du Conseil national de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa.


"La Géorgie est en état d'agression militaire totale: par la marine, l'aviation russes, avec des opérations de grande échelle sur le terrain", a ajouté le chef de l'Etat géorgien.


Depuis le déclenchement de l'offensive géorgienne en Ossétie du Sud dans la nuit de jeudi à vendredi, la situation reste confuse dans la capitale de cette république séparatiste, Tskhinvali.


 


Informations contradictoires


L'armée russe a "complètement libéré Tskhinvali des forces militaires géorgiennes", a assuré à la mi-journée à Vladikavkaz, dans la république russe d'Ossétie du Nord, le général Vladimir Boldyrev, commandant en chef des forces terrestres.


Tbilissi affirmait pour sa part toujours contrôler la ville hier après-midi.


L'artillerie géorgienne a de nouveau ouvert le feu vers 13h55 (09h55 GMT) sur Tskhinvali, a rapporté l'agence Interfax citant son correspondant sur place.


Le président russe Dmitri Medvedev avait quelques heures auparavant fait savoir qu'une opération militaire des forces russes était en cours "en vue de contraindre la partie géorgienne à la paix".


Côté géorgien, la télévision a fait état d'un bombardement hier matin par l'aviation russe sur la ville de Gori, dans le nord de la Géorgie, qui aurait tué un nombre indéterminé de civils et détruit des immeubles d'habitation.


A l'entrée de la ville, une correspondante de l'AFP a vu une base militaire et deux immeubles d'habitation touchés, desquels des personnes s'enfuyaient, portant des sacs sur leurs épaules, ainsi que de la fumée et des flammes dans la ville même.


Les forces aériennes russes ont en outre "complètement dévasté le port de Poti sur la mer Noire, site clef pour le transport de ressources énergétiques de la mer Caspienne" vers l'Europe, a affirmé le ministère géorgien des Affaires étrangères.


L'armée russe, qui a reconnu la perte de deux avions de combat, a démenti que ses appareils aient visé des "populations civiles en Géorgie".


La Géorgie a abattu dix appareils russes et détruit 30 chars, d'après un porte-parole géorgien.


La télévision géorgienne Roustavi 2 a diffusé des images montrant ce qu'elle a présenté comme le corps d'un pilote russe tué et la carte d'identité d'un autre, arrêté par les autorités géorgiennes.


Mille six cents personnes ont été tuées à Tskhinvali à la suite de l'offensive géorgienne, a annoncé une responsable de ce territoire séparatiste de Géorgie, Irina Gagloïeva. Un bilan qu'a démenti  Saakachvili, parlant de "mensonges flagrants". Il n'y a "pratiquement pas de civils tués", a-t-il affirmé.


Des milliers d'autres habitants d'Ossétie du Sud ont été blessés, toujours d'après les autorités séparatistes.


Et plus de 30.000 personnes auraient fui l'Ossétie du Sud, franchissant la frontière avec la Russie, d'après le vice-Premier ministre russe Sergueï Sobianine.


 


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* Les soldats géorgiens quittent l'Irak


 


Les 2.000 soldats géorgiens présents en Irak se préparaient hier à aller prêter main forte aux troupes de Tbilissi engagées dans des combats avec l'armée russe .


"Tout le contingent déployé en Irak va partir. Les Américains ont accepté notre demande d'aide pour nous faire partir depuis la base Delta", près de la ville de Kout, à 175 km au sud-est de Bagdad, proche de la frontière iranienne, a déclaré le chef du contingent, le colonel Bondo Maisuradze.


"Nous ne partirons certainement pas aujourd'hui. Nous continuons à discuter avec les Américains sur les conditions de notre départ qui peut avoir lieu demain ou après demain", a ajouté le responsable basé à Bagdad.


Interrogé pour savoir où les militaires seront déployés une fois de retour en Géorgie, le colonel a répondu: "ce n'est vraiment pas une question à laquelle je puisse répondre par téléphone".


Avec quelque 2.000 soldats, ils représentent le troisième contingent en effectifs après ceux des Etats-Unis et de Grande-Bretagne et sont actuellement en quasi totalité déployés près de Kout. Après leur départ, il restera aux côtés des Etats-Unis des unités de 20 pays.


 


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* Turquie : Envoi d'un hôpital de campagne à la frontière géorgienne


 


Le Quotidien-Agences


Le Croissant rouge turc a annoncé hier avoir dépêché un hôpital de campagne et une équipe de personnels soignants à la frontière entre la Turquie et la Géorgie pour venir en aide aux victimes du conflit en Ossétie du Sud, a rapporté l'agence de presse Anatolie.


"Nous avons dirigé les personnels et les équipements nécessaires vers le poste frontière de Sarp pour éviter toute perte de temps une fois que nous serons invités" à pénétrer en Géorgie, a déclaré à Anatolie Zafer Karakas, responsable du centre de crise du Croissant rouge turc.


Les premiers éléments du convoi, comprenant une quarantaine de personnels dont trois médecins, avaient atteint dans la matinée le poste frontière de Sarp, sur la rive sud de la mer Noire, selon l'agence.


 


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* Lavrov : Moscou ne veut pas de guerre avec la Géorgie


 


Le Quotidien-Agences


La Russie ne veut pas de guerre avec la Géorgie et s'efforce simplement de restaurer l'ordre en vigueur en Ossétie du Sud avant l'escalade du conflit cette semaine, a déclaré le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov dans une interview à la BBC hier.


Interrogé par une journaliste de la télévision BBC sur le fait de savoir si Moscou préparait une véritable guerre avec la Géorgie,  Lavrov a répondu par la négative.


"Non, non, non", même si le président géorgien Mikheïl Saakachvili "ne cesse de répéter que nous voulons amputer une partie du territoire géorgien", a-t-il ajouté.


 Le ministre russe a accusé la Géorgie d'exagérer la menace posée par la Russie en affirmant que Moscou avait des ambitions territoriales sur d'autres territoires de l'ex-URSS.

Saakachvili "dit aussi qu'il ne s'agit pas (seulement) de la Géorgie, mais aussi de l'avenir de l'Europe parce qu'il affirme que la Russie a des prétentions territoriales sur d'autres pays y compris les pays Baltes, mais c'est n'importe quoi", a déclaré Lavrov.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com