Qui payera les pots cassés ?






Entre la Russie et la Géorgie, c’est désormais la guerre. Une guerre aux conséquences imprévisibles puisqu’elle touche l’une des régions les plus mouvementées et implique surtout une grande puissance nucléaire, la Russie, qui trouve en ce nouveau conflit l’occasion de montrer que l’Ours blanc n’est pas mort.


Mais au-delà de leur gravité intrinsèque, les derniers événements font surtout ressurgir les démons de la guerre froide qu’on croyait désormais de l’histoire ancienne. C’est qu’il faut savoir que la Géorgie n’est qu’un avant-poste militaire des Etats-Unis et qu’à Tbilissi on n’aurait jamais osé lancer les hostilités contre l’Ossétie du Sud, et par conséquent la Russie, sans des assurances américaines.


D’ailleurs, le discours anti-russe, tenu ces derniers jours par l’administration Bush, n’est qu’une preuve de l’implication américaine dans cette nouvelle guerre qui laissera, sans aucun doute, ses stigmates dans l’histoire de la région.


C’est que, au stade où sont les choses, il est inutile de chercher le pourquoi des choses. La guerre est là et le sang coule déjà. Par contre, il est plus important, d’en déssiller les conséquences. Les conséquences d’un conflit entre les deux géants militaires que nous devons, bon gré, mal gré, de près ou de loin, en subir les retombées.


Or l’une des conséquences tangibles aujourd’hui est que ce conflit risque de donner le coup de grâce à l’organisation onusienne déjà agonisante. Il est, en effet, anormal qu’aucune résolution, ni même une motion ou un projet de texte n’ont été élaborés au Conseil de sécurité qui est devenu de fait une arène où Américains et Russes s’affrontent à coups d’accusations allant même, parfois, à des menaces directes. Un blocage qui risque de déborder sur les autres dossiers, et ils sont nombreux, que traite l’Organisation et qui vont buter sur le bras de fer russo-américain.


L’autre conséquence de ce conflit, encore plus désastreuse, est la course aux armements qui va en découler. Cela, à commencer par les Russes qui, comme on l’a mentionné plus haut, vont certainement profiter de cette occasion pour se donner une raison de relancer leur machine guerrière. Par effet de spirale, les Américains en feront autant, cela en passant par la Géorgie et tous les pays de la région pour lesquels une guerre à leurs frontières fera craindre le pire et incitera par «prudence» à étoffer leurs arsenaux militaires.


Tout cela pour dire que, que ce soit pour l’ONU ou la course à l’armement, et on oublie d’autres, c’est la communauté internationale qui va payer le prix d’une nouvelle guerre. Une guerre voulue et conçue par les plus grands mais qui va être payée par les plus petits.


 

M.A.B.R.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com