LA REVUE DES MARCHES DU 11/08/2008 … Bourse de Tunis: le Tunindex en zone de sur-achat






Au niveau des marchés, l'euro  était de nouveau passé sous le seuil de 1,50 dollar, un plus bas depuis cinq mois, hier dans les échanges asiatiques, en raison des inquiétudes suscitées par le conflit en Géorgie et les signes de ralentissement économique de la zone euro, selon des courtiers. L'euro était déjà passé sous ce seuil en cours de séance vendredi. La devise européenne était également en baisse face au yen, à 164,74 yens pour un euro, contre 165,35 vendredi. Le dollar restait stable face à la monnaie japonaise, à 110,10 yens pour un dollar, contre 110,11 yens vendredi."Beaucoup d'investisseurs considèrent les troubles en Géorgie comme une raison supplémentaire de vendre leurs euros, l'Europe reposant fortement sur la Russie pour son approvisionnement en pétrole", explique Satoshi Tansho, opérateur chez Chuo Mitsui Trust Bank. La Russie poursuivait ses attaques en Géorgie hier malgré les appels au cessez-le-feu, après l'intervention des forces russes en Ossétie du Sud. L'euro continue par ailleurs d'être tiré vers le bas par les inquiétudes pesant sur la santé économique de la zone euro, selon des courtiers. La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de laisser son taux directeur inchangé à 4,25%, conformément aux attentes. Le billet vert est descendu sous le seuil des 110 yens, sur des prises de bénéfices, mais beaucoup jugent le dollar "aussi attractif à son niveau actuel", estime  Tansho. Le dollar avait plongé face à l'euro et à d'autres devises ces derniers mois, plombé par le ralentissement de l'économie américaine, la crise immobilière et l'effondrement du crédit, mais il a récemment amorcé une remontée, due en partie aux craintes de récession pesant sur la zone euro et le Japon.


Du côté du marché du pétrole, les cours du brut s'affichaient en nette hausse hier dans les échanges cotés en Asie où ils ont gagné plus d'un dollar sur fond d'inquiétudes liées au conflit entre la Russie et la Géorgie, selon des courtiers. Dans les échanges matinaux, le prix du baril de "light sweet crude" pour livraison en septembre gagnait 1,06 dollar le baril à 116,26 USD contre 115,20 dollars vendredi soir en clôture à New York. Le baril de pétrole Brent pour livraison en septembre prenait 1,07 dollar à 114,40 dollars. Ce rebond est attribué par les analystes à l'escalade militaire entre la Russie et la Géorgie. La Russie a déclenché tôt hier matin des frappes aériennes sur une cible militaire de la banlieue de la capitale géorgienne Tbilissi, a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur, après qu'une explosion a été entendue dans le centre-ville. La Géorgie avait lancé dans la nuit de jeudi à vendredi une offensive militaire contre sa république rebelle d'Ossétie du Sud, soutenue par Moscou, qui a envoyé des chars et des troupes en réponse à la tentative de Tbilissi de reprendre le contrôle de cette région, indépendante de facto depuis la chute de l'URSS en 1991. Le conflit a éveillé des craintes sur l'approvisionnement dans la région. La compagnie pétrolière publique azerbaïdjanaise a annoncé samedi que l'Azerbaïdjan avait suspendu ses exportations de pétrole via les ports géorgiens de Koulevi et Batoumi en raison du conflit en cours.


Sur les marchés européens, la Bourse de Paris débute la semaine en hausse, portée par la modération des prix du pétrole qui atténue provisoirement les craintes inflationnistes mais aussi la hausse du dollar, qui favorise les valeurs exportatrices. Après quatre séances consécutives de hausse et un rebond de 4,11% sur la semaine dernière, l'indice CAC 40 a progressé hier vers 9h15 de 0,41% à 4.510,24 points. Michelin (+2,82%) profite de la modération sur les marchés pétroliers et du rebond du dollar pour enregistrer la plus forte hausse du CAC 40 à l'ouverture. Peugeot gagne 2,18%, Renault 2,08%.Après un gain de 11,41% vendredi, Soitec progresse encore de 3,05%, l'affaiblissement de l'euro favorisant les exportations des fabricants de matériaux destiné à l'industrie des semi-conducteurs. Parmi les autres grandes places européennes, Londres progresse de 0,51%, Francfort de 0,37%. Du côté des indices paneuropéens, l'EuroStoxx 50 gagne 0,46% et l'EuroFirst 300 0,63%.La Bourse de Tokyo a progressé de 1,99% grâce au repli du yen face au dollar, qui a soutenu les valeurs liées aux exportations. Vendredi, Wall Street avait connu sa meilleure semaine depuis trois mois grâce au recul des cours du pétrole. Le Dow Jones a clôturé la séance en hausse de 2,65%, le S&P de 2,39% et le Nasdaq de 2,48%.


Dans l’ensemble de la zone euro il y a de fortes chances pour que l'économie des 15 pays de la zone euro ait subi une contraction au deuxième trimestre, ce qui serait une première depuis le lancement de la monnaie unique. Et avec les niveaux record atteints par l'inflation, il est improbable que la Banque centrale européenne (BCE) vienne au secours de la croissance en baissant ses taux d'intérêt. Selon une enquête menée par Reuters auprès de 40 économistes, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro s'est contracté de 0,2% au deuxième trimestre après une croissance de 0,7% au cours des trois premiers mois de l'année. Une première estimation de l'évolution du PIB dans la zone euro sera publiée jeudi et les prévisions vont d'une contraction de 0,4% à une croissance de 0,2%, l'activité étant plombée par une baisse des investissements des entreprises et une consommation des ménages faible dans un contexte de cherté des prix du pétrole. L'Italie, troisième économie de la zone euro, a annoncé vendredi une contraction de 0,3% de son économie au deuxième trimestre, ce qui semble de mauvais augure pour le reste de la région."Cela donne le «la» pour le reste de la zone euro, rendant une contraction de la région dans son ensemble encore plus vraisemblable", a estimé Susana Garcia (Deutsche Bank).L'Allemagne, première économie de la zone, devrait, selon la prévision moyenne des économistes, annoncer jeudi une baisse de 0,8% de son PIB du deuxième trimestre après une croissance de 1,5% au premier.


Au niveau économique, le déficit du budget en était de 32,8 milliards d'euros à la fin du mois de juin, contre 30,5 milliards à la même date en 2007, annonce le ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique. Au 30 juin, les dépenses du budget général totalisent 138,1 milliards d'euros contre 134,1 milliards un an plus tôt."Le rythme de progression des dépenses - particulièrement modéré jusqu'en mai - s'est accéléré au mois de juin avec l'anticipation du calendrier de versement de certaines subventions, essentiellement aux établissements de l'enseignement supérieur et de la recherche et aux organismes de sécurité sociale", indique le ministère. Les recettes s'élèvent de leur côté à 120,8 milliards d'euros contre 119,2 milliards à fin juin 2007.A périmètre constant, les recettes fiscales nettes s'inscrivent, à la fin du mois de juin, en hausse de 3% par rapport à la même période de 2007, sous l'effet du dynamisme des recettes nettes de TVA (+6,1%) et des recettes nettes d'impôts sur les sociétés (+9,4%)."Cette évolution dynamique des recettes de TVA et d'IS devrait être plus modérée au second semestre", prévient le ministère comme il l'avait déjà fait dans son communiqué sur la situation budgétaire en mai.


Dans le même cadre, l’excédent commercial de la Chine a atteint 25,28 milliards de dollars (16,9 milliards d'euros) en juillet, contre 12,4 milliards en juin, dépassant nettement les estimations, montrent les chiffres publiés hier par l'agence Chine nouvelle, qui cite l'administration des douanes. Les exportations ont progressé de 26,9% par rapport à juillet 2007 et les importations de 33,7%, précise l'agence. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un excédent de 20,5 milliards de dollars et une hausse de 18,1% des exportations en rythme annuel. Sur les 12 derniers mois, l'excédent commercial chinois atteint environ 249,7 milliards de dollars, contre 249,1 milliards à fin juin. Sur l'ensemble de 2007, il a été de 262,2 milliards.


Sur le marché d’automobile, les ventes de voitures en Inde ont baissé de 1,7% en juillet par rapport à l'an dernier, leur première baisse depuis trois ans, une inversion de tendance qui s'explique par la hausse du coût du crédit et par l'inflation, annonce la SIAM, la fédération des constructeurs automobiles indiens. Il s'est vendu 87.724 véhicules le mois dernier en Inde, contre 89.250 en juillet de l'an dernier. Les ventes avaient augmenté de 6,1% en juin après une hausse de 14,3% en mai. La dernière contraction du marché automobile indien remontait à juin 2005, précise la SIAM.Dilip Chenoy, son directeur général, a déclaré que la baisse était prévisible après la remontée des taux d'intérêt de la banque centrale, que les banques ont répercutée sur leurs clients. Il a néanmoins ajouté s'attendre à une reprise au cours des prochains mois avec l'arrivée de nouveaux modèles et la célébration de plusieurs grandes fêtes indiennes, à l'occasion desquelles de nombreuses familles indiennes réalisent des achats importants. La croissance du marché automobile indien a ralenti depuis le mois d'avril, la hausse des coûts de production ayant conduit les constructeurs à limiter les remises.


Tunis, M. Taoufik Baccar, Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) s'est entretenu vendredi à Tunis, avec M. Bernard David, président du conseil d'administration de l'Union Internationale des Banques (UIB). La restructuration de l'UIB, a notamment indiqué M. Baccar, s'inscrit dans le cadre du programme national de modernisation du secteur bancaire et de consolidation de ses assises financières. Il a mis en exergue les récentes mesures prises afin de garantir la relance de l'UIB à travers un meilleur positionnement sur le marché national et la diversification de ses activités et services. A souligner dans ce sens, que le plan d'action de la banque pour la prochaine étape préconise, essentiellement, l'augmentation de 90 millions de dinars du capital de la banque (70 MD sous forme d'augmentation de capital et 20 MD sous forme de certificats d'investissements). Lequel capital sera porté à 196 millions de dinars contre 106 millions de dinars actuellement. Ce plan d'action prévoit, également, l'émission d'un emprunt subordonné, à long terme et assorti de conditions favorables, d'une valeur de 80 millions de dinars souscrite totalement par le groupe français "Société Générale". Le gouverneur de la BCT a insisté sur la nécessité d'accompagner la restructuration financière de l'UIB par des programmes lui garantissant un meilleur positionnement sur le marché tunisien, la consolidation de la qualité de ses services, et le renforcement de sa participation à l'effort de développement économique du pays. Pour sa part, M. Bernard David a affirmé que ces dernières mesures reflètent la position qu'occupe la Tunisie à travers la réussite de ses réalisations reconnues, d'ailleurs, par la communauté internationale. Ce sont ces réalisations, a-il ajouté, qui avaient incité la "Société Générale" à postuler pour devenir actionnaire de l'UIB, dans un premier temps, et, ensuite, réaliser un effort financier dans le cadre de cette augmentation du capital. Autant d'actions qui attestent de la confiance renouvelée qu'accorde la partie française à la Tunisie en général et au secteur bancaire en particulier.


Sur la place de Tunis, le volume global de refinancement à (-971,4: à la date du 11/08/2008), tend  à maintenir le Taux de Marché Monétaire (TMM) à 5.38% inchangé.


Enfin, sur le marché des changes, le dinar ( 11/08/2008) s’est déprécié par rapport au yen japonais, au dollar américain, et au dirham marocain, à l’euro et  il s’est apprécié par rapport à l’euro et au yen japonais.


A la clôture, le Tunindex a consolidé sa position à 3 139,57  2,09%


On retiendra de la journée, notamment, une  stabilité  des taux et une surliquidité des agents.


 


Haithem  GHARSALLI


Analyste PERSPECO :


Laboratoire EURO-MED. D’Analyses Economiques

www.perspeco.com


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com