Kadhem Essaher: Le dieu de l’amour est de retour !






Dans un monde matérialiste où on calcule tout, même les sentiments, la voix de Kadhem Essaher émerge comme une douce brise marine en pleine canicule. Empruntant tous les chemins de l’amour possible et impossible, cet artiste est aujourd’hui plus qu’un symbole de l’amour et du lyrisme…Presque un dieu des temps reculés, des terres sacrées du Tigre et de l’Euphrate ! Rendez-vous ce soir à Carthage.


 


Il est la voix de l’amour par excellence. Kadhem Essaher, ou comme on le surnomme le César de la chanson arabe, a pu dès ses débuts en 1989 se distinguer de toute sa génération. La voix pure, il s’est vite fait remarquer par ses choix musicaux qui reflètent ses qualités d’artiste et d’homme. Après des petits pas sûrs en Irak où il a beaucoup chanté et même composé des génériques de feuilletons, Kadhem Essaher a choisi de s’envoler haut dans le ciel de la chanson arabe…Des chansons sympathiques et légères d’amour ont vu le jour, annonçant la naissance d’une nouvelle star aux débuts des années 1990. Un premier album à succès que le grand public a adopté très vite et qui a attiré l’attention vers cet artiste irakien, à l’allure frêle et au cœur brisé. Car armé de nombreux textes écrits dans le dialecte irakien, de fines compositions qui mettent l’accent sur la richesse musicale dans son pays et d’une volonté de fer, Kadhem Essaher a su émerveiller le public par ses choix intelligents. Partant d’une bonne formation musicale, il a pu aller loin là où les autres cherchent encore à parvenir, aux cœurs d’un large public qui a trouvé dans cet artiste une belle image d’un Irak splendide et rayonnant qui a été toujours et qui restera le berceau des civilisations. Dans ce même berceau, Kadhem Essaher a grandi et de la belle musique de Nadhem Al Ghazali, de la poésie de Nazek Al Malaiîka et de Bader Chaker Essayeb il a nourri son cœur et lui a appris à aimer la terre, la mère…et la femme.  


Mais le vrai tournant dans la vie l’artiste reste sans conteste sa rencontre avec feu Nizar Kabbani, le poète de la femme et de l’amour comme les critiques et les lecteurs l’ont surnommé. Séduit par les capacités vocales et les potentiels créatifs au niveau de la composition et par la sensibilité du chanteur irakien, le poète syrien n’a pas tardé à lui donner l’autorisation de chanter de son répertoire. Et la chanson «Inni khayartouki fa ikhtari» - qu’on peut traduire «Je t’ai laissé le libre choix»- a cartonné grâce à ces paroles romantiques où le poète et le chanteur demandent à la bien-aimée de choisir entre la mort sur son buste ou dans les recueils de poésie. Un tournant décisif car, et depuis, Kadhem Essaher n’a cessé de transformer les perles de Kabbani en des chef-d’œuvres musicaux. Et rien n’a changé même après la mort du grand Kabbani.


 Au cœur de ce joli rêve de célébrité et de succès, l’enfant de l’Irak n’a jamais oublié les blessures de sa terre mère… A sa belle bien-aimée, à un Irak qui habite son cœur, il continue à chanter des textes signés par lui-même ou par des poètes irakiens.


Habitué de la Tunisie, des ses ambiances festivalières, Kadhem Essaher monte ce soir sur la scène du festival international de Carthage avec un bouquet de ses anciennes chansons qui ont fait sa notoriété et d’autres très fraîches tirées de son dernier album «Yawmiyette rajolon mahzoum» (Mémoires d’un homme raté). A guichets fermés, Kadhem Essaher partagera ce soir l’amour avec un public qui l’a toujours aimé et soutenu.


 

Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com