Le ton monte entre Moscou et Washington: Comme à la guerre froide






Avant de se rendre en France, puis à Tbilissi, la Secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, insiste pour que Moscou respecte la trêve.


 


Le Quotidien — Agences


«Si la Russie est réellement en train de violer le cessez-le-feu, et je dois dire que les rapports ne sont pas encourageants en ce qui concerne la trêve que Moscou avait pourtant promis de respecter, cela ne fera qu'accentuer l'isolement vers lequel s'oriente la Russie", explique Condolezza Rice.


La chef de la diplomatie américaine na pas hésité à faire preuve de fermeté dans son discours : "Que la Russie puisse utiliser son écrasant pouvoir militaire de cette façon, contre un petit voisin, c'est évident. Que la Russie puisse le faire et ne subir aucune conséquences, ou qu'elle essaie d'aller suffisamment loin pour essayer de détruire l'Etat géorgien, je pense que c'est différent. La Russie ne pourra parvenir à cela."


La France doit bientôt proposer un nouveau projet de résolution au Conseil de sécurité, incluant le plan de paix accepté sous conditions par la Russie et la Géorgie.


Le président Bush a de nouveau appelé la Russie à respecter sa promesse de cesser ses opérations militaires, mentionnant des informations contredisant les affirmations de Moscou.


"Nous attendons de la Russie qu'elle respecte son engagement de cesser toutes ses activités militaires en Géorgie et nous attendons de toutes les forces russes qui sont entrées en Géorgie ces derniers jours qu'elles se retirent de ce pays", a-t-il dit.


"Les Etats-Unis d'Amérique se tiennent au côté du gouvernement démocratiquement élu de Géorgie (et) insistent pour que la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Géorgie soit respectée", a-t-il poursuivi.


Bush a prévenu Moscou que le soutien des Etats-Unis à l'intégration de la Russie "aux structures du 21e siècle au niveau diplomatique, politique, économique ainsi qu'en matière de sécurité" était "menacée" par ses agissements en Géorgie.


"Pour commencer à réparer les dommages infligés à ses relations avec les Etats-Unis, l'Europe et d'autres pays, et pour commencer à restaurer son rang dans le monde, la Russie doit tenir sa promesse et agir pour mettre un terme à cette crise", a-t-il conclu.


La veille, deux hauts responsables américains avaient suggéré que la participation russe à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), au Groupe des pays les plus industrialisés G8 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon et Russie) et à l'OCDE soit menacée.


Le président américain a précisé s'être entretenu le matin même avec Sarkozy, qui assume la présidence tournante de l'Union Européenne, ainsi qu'avec le président géorgien Mikheïl Saakachvili.


"Les Etats-Unis soutiennent fortement les efforts de la France", a-t-il dit.


Le président américain a également chargé le secrétaire à la Défense, Robert Gates, de l'acheminement vers la Géorgie de l'aide humanitaire américaine.


"Dans les jours qui viennent, nous utiliserons les avions américains ainsi que les forces navales pour délivrer une assistance médicale et humanitaire" aux victimes du conflit entre forces russes et géorgiennes, a-t-il poursuivi.


Le premier avion américain C-17 transportant une aide humanitaire est arrivé mercredi dans la capitale géorgienne Tbilissi.


 


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* «Clairvoyance»


 


Le président américain a toujours été "clairvoyant" à propos des dirigeants russes, assure la Maison Blanche, soucieuse de battre en brèche la controverse selon laquelle le conflit en Géorgie trahirait sa méconnaissance de la Russie.


Le mot, employé par la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino, rappelle un épisode de la première rencontre entre George Bush et Vladimir Poutine, le 16 juin 2001 à Ljubljana, en Slovénie.


Le président Bush avait prononcé au sujet de son homologue un jugement devenu célèbre: "Je l'air regardé dans les yeux. J'ai pu percevoir son âme: celle d'un homme profondément dévoué à son pays et aux intérêts de son pays".


Le président Bush est "très clairvoyant sur sa relation avec les dirigeants russes", avec Poutine comme avec le président Dmitri Medvedev, a toutefois insisté Mme Perino, qui a rejeté l'idée selon laquelle le conflit en Géorgie aurait placé la Russie et les Etats-Unis en position d'adversaires.


"Je ne parlerais pas d'adversaires. Mais «complexe» et «compliqué» est la meilleure manière de décrire ce qui se passe en ce moment", a-t-elle dit.


Le ton promet toutefois de changer si le sénateur républicain John McCain est élu à la Maison Blanche.


Lors d'un discours en 2007, McCain avait décrit Vladimir Poutine en parodiant la fameuse déclaration de Bush à Ljubljana.

"Je l'ai regardé dans les yeux, j'ai vu trois lettres: un «K», un «G» et un «B»", avait-il dit à propos du dirigeant russe, en référence à la carrière passée du Premier ministre russe dans les anciens et redoutés services de renseignements soviétiques.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com