Guantanamo: Un général US a conseillé aux procureurs de «tirer dans le tas»






Le général américain Gregory Zanetti, adjoint au commandant du centre de détention de Guantanamo, a déclaré hier lors d'une audience qu'un de ses homologues avait encouragé les procureurs des tribunaux d'exception à "tirer dans le tas" à propos des inculpations.


 


Le Quotidien-Agences


«Tirez dans le tas. Inculpez-les tous. Allez. Vite, vite, vite", aurait ordonné à l'accusation le général Thomas Hartmann, conseiller juridique auprès du responsable militaire chargé des tribunaux, a rapporté le Miami Herald Tribune présent sur la base navale de Guantanamo (Cuba).


Le comportement du général Hartmann a été décrit par le général Zanetti comme "injurieux, intimidant et peu professionnel... bien au delà de la ligne jaune", selon le quotidien.


Le général Zanetti a témoigné à la demande des avocats de la défense, lors d'une audience préliminaire au procès, pas encore programmé, de Mohammed Jawad, un Afghan arrêté adolescent à Kaboul fin 2002 et enfermé à Guantanamo depuis plus de cinq ans.


La défense demande l'abandon des poursuites contre son client, au motif que Hartmann a eu, depuis son bureau au Pentagone, une "influence illégale" sur les procès devant des commissions militaires constituées en tribunaux d'exception en cours sur la base navale américaine.


Selon le quotidien, c'est la première fois qu'un haut gradé a protesté contre les méthodes du général Hartmann.


 Cité par le quotidien, l'actuel procureur général, le colonel Lawrence Morris, a jugé que les critiques contre  Hartmann provenaient d'un "conflit superficiel de personnalités" puisque celui-ci n'était "pas aussi discret que certains de ses subordonnés l'auraient voulu".


Celui-ci avait cependant déjà été interdit par le président du tribunal qui a jugé l'ancien chauffeur de Oussama Ben Laden, Salim Hamdan, de toute intervention dans ce premier procès d'un détenu de Guantanamo.


Son prédécesseur, le colonel Morris Davis, qui a démissionné en octobre 2007 de son poste, avait reproché en avril dernier au général Hartmann d'avoir accepté comme preuves des témoignages obtenus grâce à la simulation de noyade, assimilée à la torture.

"Le fait de permettre ou conseiller à un procureur de venir dans une cour de justice et de présenter des preuves obtenues sous la torture place le procureur devant un dilemme éthique", avait dénoncé Davis, ajoutant que le général Hartmann lui avait rétorqué: "tout est bon à prendre, laissons le juge se débrouiller".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com