Entre croissance de la demande et la flambée des prix des produits alimentaires: Ces chiffres qui hantent …






A l’instar de la plupart des pays, la Tunisie souffre de l’envolée des cours des matières premières sur le marché mondial. L’épreuve s’annonce encore plus rude puisque nous devons nous apprêter à faire face à une conjoncture encore plus compliquée au cours des années à venir.


 


Tunis-Le Quotidien


La nouvelle conjoncture économique, que les experts considèrent inévitable, est en quelque sorte un nouvel ordre économique international. Sa principale manifestation est désormais connue par tout le monde, en l’occurrence l’ascension spectaculaire des prix des produits alimentaires.


Ce scénario, qui ne surprend plus eu égard à la tendance que continuent à prendre les prix de presque tous les produits, risque toutefois d’être plus inquiétant pour la Tunisie. Selon les estimations des économistes les plus optimistes portant sur les perspectives de l’évolution des prix d’ici 2017, notre pays se trouvera dans un contexte économique encore plus compliqué. C’est un contexte dans le cadre duquel il sera difficile pour notre pays de relever tous ses défis.


En fait, outre la nécessité de l’autosuffisance, c'est-à-dire l’indépendance alimentaire, la Tunisie doit préserver un équilibre infaillible entre une demande alimentaire qui explose et des prix des produits alimentaires qui flambent.


D’après une récente étude stratégique élaborée par un groupe d’experts dans le développement agricole, les prix des produits alimentaires de base dessineront une courbe ascendante qui se maintiendra durant toute la période de 2008-2017.


Le scénario, qui se réfère aux résultats d’un nombre de rapports réalisés par l’organisation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture (FAO), prévoit une croissance globale des prix des principales matières alimentaires oscillant entre 30 et 80%. Plus en détails, les prévisions tablent sur une croissance moyenne de 80% des prix des huiles végétales. 60% pour celui des graines oléagineuses. Pour les cours des céréales déjà insaisissables, ils marqueront une hausse qui se situera entre 40 et 60%. Même valeur respectivement pour le maïs et le lait. Quant au prix du sucre il augmentera d’en moyenne 30%.


Stimulée par l’amélioration du niveau de vie qui marque la société tunisienne et qui est en passe de façonner les habitudes alimentaires des consommateurs tunisiens. Ces augmentations finiront par avoir un impact direct sur la composition de la demande alimentaire, cette tendance doit se traduire, toujours selon les prévisions des experts, par une augmentation conséquente de la demande des produits alimentaire de base.


Les projections, qui couvrent les 12 prochaines années, tablent en fait sur des hausses substantielles de la demande des produits alimentaires de base. Ces croissances peuvent atteindre les 27% dans la branche des céréales. 59% dans la filière des viandes rouges. 47% pour ce qui est du lait et ses dérivés. Même valeur (47%) pour les fruits et légumes. Quant aux huiles et au sucre, les Tunisiens en consommeront davantage. Pour les huiles, ils devraient avoir besoin de 34% de plus contre 33% de plus pour le sucre…


La période à venir s’annonce rude. Elle sera celle des grands défis pour la Tunisie. Mais c’est également une conjoncture qui se présente comme une ultime chance pour que notre agriculture tire enfin profit des innombrables projets mis au point par nos chercheurs agronomes. Car la vérité c’est, qu’aujourd’hui beaucoup de recherches sont victimes d’une bureaucratie chronique. Ces travaux qui dorment malheureusement dans les oubliettes de nos universités et centres de recherches, sont tout simplement capables de révolutionner l’agriculture de la Tunisie.


 

Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com