A la recherche de la stabilité perdue…






La politique économique des Etats-Unis initiée par l’administration républicaine est sous-tendue par le principe que les Etats-Unis soutiennent une politique du dollar fort, c’est le principe réaffirmé par le président George Bush, à la veille de l’ouverture du sommet du groupe des huit au Japon.


Pourtant, le président Bush estime que l’économie des Etats-Unis ne croît pas aussi solidement qu’il aimerait. Cependant que les experts de la Maison-Blanche anticipent une croissance positive au premier trimestre de l’année prochaine. Un constat qui ébranle la conviction que l’économie américaine est capable de s’adapter aux chocs externes : « nous ne sommes pas aussi forts que nous avons été durant une grande partie de ma présidence ».


D’autant que s’agissant du dollar : « les Etats-Unis croient en une politique de change fondée sur un dollar fort et pensent que la force de notre économie est reflétée par le niveau du dollar ». C’est toute la synthèse de l’économie libérale de la Maison-Blanche républicaine.


Fondamentalement, la question du dollar faible incite notamment les spéculateurs à se couvrir en prenant des positions sur les marchés des matières premières, contribuant positivement à nourrir la hausse de leurs cours et donc à nourrir l’inflation mondiale. Que les partenaires des États-Unis pressent instamment d’agir pour stabiliser le dollar par rapport aux principales devises, cela ne change en rien à la trajectoire de la politique économique de la Maison-Blanche, au moins jusqu’à la fin de l’actuel mandat du président Bush.


En tout état de cause, le dollar faible aura permis aux États-Unis de maintenir leurs exportations à des niveaux considérables, pour soutenir une croissance de l’activité en progression de 1 % en rythme annuel sur la période janvier-mars après les 0,6 % du quatrième trimestre de 2007. Des taux de croissance qui suggèrent une brutale décélération d’une économie qui aura détruit près de 450 000 emplois depuis janvier dernier.


De la zone euro, les effets de contamination des déséquilibres financiers et économiques se sont traduits d’abord par un ralentissement de l’activité et de la croissance corrélativement qui avait une montée des tensions inflationnistes puis par de l’inflation déclarée qui pousse la BCE à maintenir inchangés ses taux (c'est-à-dire ne pas les réduire pour soutenir l’activité dans la zone euro), conformément au mandat qui a été donné par les démocraties européennes qui est : «la stabilité des prix». Même si la hausse des taux renforce la monnaie européenne au détriment des exportations, de l’emploi et de la croissance dans la zone euro, en renchérissant le coût du crédit pour les entreprises notamment.


A l’appui de cette politique de stabilisation (au détriment de la croissance de l’emploi), la dernière enquête publiée par la commission européenne montrait que la stabilité des prix est le souci de l’ensemble des citoyens de la zone euro. Cependant, le patron de la banque centrale européenne ne fait pas référence à l’approbation de cette mesure par le président de la commission européenne José Manuel Barroso et par le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, ses détracteurs habituels.


Il est certain que chaque banque centrale prend ses décisions en fonction de son contexte particulier. Il est tout aussi certain que la banque centrale américaine, la F.E.D., a abaissé plusieurs fois ses taux en raison de la crise financière liée aux « subprimes », pourtant la récession économique est toujours là, avec des perspectives à moyen terme très incertaines, aussi bien pour la zone euro que pour les pays émergents de la zone méditerranéenne.


 

Tahar EL ALMI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com