Angham: C’est de la soie… mais plus froid tu meurs !






Madame ne manque absolument de rien et elle a tout pour plaire.


Une voix sublime, un répertoire qui se respecte et une rare prestation scénique et pourtant son concert de vendredi dernier était décevant et pas à la hauteur de Carthage. C’était froid à mourir… Dommage pour Angham et pour ses fans qui n’ont pas rempli ce soir-là les gradins.


Pour eux, c’était une simple petite sortie et pas plus.


 


Ce petit chapeau résume presque toute la soirée passée en compagnie d’une vedette à Carthage. Il dit tout sur cette artiste venue de la terre des Pharaons et qui n’avait peut-être encore pas sa place à l’amphithéâtre romain. Malgré tout l’art qu’elle a. Elle possède une voix satinée, si douce et si sensuelle. Et qu’on aime écouter avec tant de plaisir des heures durant. Elle nous rappelle un petit peu son aînée et sa compatriote, la diva Najett Essaghira. Les paroles de ses chants sont aussi d’un certain niveau. Il y a de l’élégance, de la sensibilité et de l’imaginaire créatif. Les textes sont animés avec des paroles qui riment avec les amours et les passions, les séparations et les retrouvailles et la conjugaison des rêves avec les moments du réel et de la vérité tirée du quotidien. Quant à son physique, alors là, il n’y a rien à dire sur cette brunette du Nil. Mince, élancée, cheveux longs tombant sur ses épaules bien tracées et son look plaît à tout le monde. Pour son comportement, elle n’est pas non plus du genre frivole qui saute et sautille sur scène et elle a tout d’une grande. Mais avec tout ça, il y a quelque chose qui passe mal avec son public. Son public qui la connaît si bien à travers ses clips et ses tubes diffusés à volonté sur la chaîne «Rotana» et qui s’est déplacé pour la voir chanter et l’écouter de vive voix.


Sa soirée de Carthage 2008 est presque une photocopie de ses deux autres soirées sur la même scène et devant le même public qu’elle connaît très bien. Une soirée un peu plate, l’ambiance n’était pas chaude et à la comparer avec d’autres (et ici on pense à titre d’exemple, à celles de Amina Fakhet, Saber et autres Fares Karam, Kadhem Essaher…), alors là, c’est vraiment la déception. La distance est loin, comme entre la terre et le ciel et ça n’a rien à voir avec l’enthousiasme du public qu’on a vu aux anges le long ou presque de ces belles soirées d’été 2008. Sauf quelques rares exceptions de cette session qui a volé relativement assez haut sous la houlette de Samir Haj Yahia, un vieux routier dans le secteur artistique et organisationnel et qui s’en sort bien pour la énième fois à la tête de ce festival. Angham ne s’est donc manifestée sur scène qu’après un retard d’au moins 15mn. Une chose qui n’a pas plu à son public. Qui, dès 22heures et une poussière de minutes s’est mis à siffler. Son chef d’orchestre, Thamer Ghanim, lui aussi, était à attendre longtemps son arrivée au point de croiser les bras et de ne pas broncher. Et de ne pas faire bouger sa baguette pour donner le ton et l’ordre à une armada de musiciens, sages comme des images en carton pour un long moment. Une fois sur scène, imposante avec sa belle longue robe en soie, le public s’est un peu calmé et s’est préparé pour une soirée bien agrémentée. Il a cru, tout simplement cru qu’il allait vivre des instants de bonheur.


Angham, devenue célèbre grâce à sa chanson Ya tayeb et à la chaîne libanaise «Rotana», a chanté un pot pourri de ses succès, comme Sa’al alaya, Kol mat’arrablek, Omri ma’âk, Lessa naoui âla rrahil et autres petits plaisirs à croquer, n’a finalement pas pu saisir le public de Carthage. Peut-être, ça lui a manqué un autre art, celui de communiquer avec son public. D’où ce sentiment glacial entre la scène et les gradins et qui a pesé lourdement dans les airs. Angham n’a pas aussi ce feeling de relayer les chansons d’une façon intelligente. Entre deux passages, elle marque un long arrêt en tournant le dos à son public. Une chose qui a froissé les gens venus certes pour l’écouter mais aussi pour la voir. Au final, on finit par décrocher et partir plus vite que prévu. C’est vraiment dommage pour cette star qui a tout pour plaire mais qui a manqué l’essentiel et son coup pour la troisième fois à Carthage par faute de modestie. Une faute d’une rare stupidité et qui coûte si cher à l’artiste. Car quand on est artiste, on ne peut pas être hautain et l’art de parler avec le public entre d’emblée dans la réussite ou non du concert et de l’artiste. Angham a son public et elle doit le conserver. Elle est encore jeune et peut se rattraper. Mais il faut qu’elle se dépêche avant qu’il ne ce soit un peu tard et avant qu’elle ne perde la sympathie de qui ont un faible pour son talent de chanteuse confirmée. Juste un petit effort pour sauver la face et sa carrière. Une carrière qu’on lui souhaite, jalonnée de succès. Et c’est vraiment tout le mal qu’on lui souhaite.


 

Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com