Télé, été, médiocrité !






La grille télévisée d’été rime-t-elle chez nous avec médiocrité ? Les téléspectateurs, par moments casaniers, n’ont-ils pas droit à des productions de valeur quand ils optent pour une chaîne tunisienne ?


Nous sommes bien tentés de le croire à voir ce que nous réservent nos chers producteurs des trois chaînes nationales. A commencer par tous ces programmes réservés aux différents festivals qui occupent une large place les après-midi et les soirées et qui s’apparentent plus à un agenda, à un carnet culturel qu’à un programme de télévision. Sinon à quoi ressemble cet interminable «Essif Dhif» présenté (et non animé) par Amel Chahed. Elle interroge un invité et présente des bribes de spectacles. Le téléspectateur tunisien n’a-t-il pas droit à un spectacle complet lors du prime time ? Et puis, le temps n’est-il pas venu pour voir les responsables mettre fin à cette pratique simple et simpliste qui consiste à mettre sur pied un programme basé sur les questions-réponses ? Que font les Amel Chahed, Moez Zaraï, Hela Rokbi, Samir Ouafi, entre autres ? Ils interrogent des invités dans un décor statique et sans imagination aucune.


En 2008 n’y a-t-il pas encore d’autres manières de concevoir des programmes télévisées ? Pour revenir aux festivals, nous sommes bien tentés de croire que ce sont ces derniers qui rendent service à la télévision et non le contraire. Ils offrent, en effet, de la matière qui «remplit» des heures et des soirées entières, les grilles des trois chaînes nationales !!


 


Le ridicule ne tue point


L’autre programme estival qui frise le ridicule est celui présenté par Moez Zaraï «Noujoum fil kaïla». Un animateur lourdaud, mal habillé, mal filmé qui pose des questions élémentaires à des soi-disant stars et qui les suit chez eux et lors de leur sorties à la plage ou en soirée. Quelle trouvaille, mon dieu ! A penser qu’il n’y pas de commission de contrôle des contenus des programmes présentés ou que «l’animateur» ne prépare pas ses émissions. Et dans les deux cas c’est du travail bâclé et d’aucun respect pour le pauvre spectateur qui finit bien par zapper. Le meilleur, on l’a laissé pour la fin. Samedi dernier, sur la chaîne Tunisie 21 (satellitaire en plus) on suivait le téléjournal de 23 heures présenté par Rym Kéfi. Impossible de vous relater toutes les erreurs de prononciation commises tellement elles étaient nombreuses, les arrêts observés, les blocages etc...


La langue de Voltaire, de Molière et de Hugo a été déchiquetée. Et ne croyez pas à un jour «sans» de la part de la présentatrice. Les mêmes travers ont été observés mercredi soir. Les Sejir Jelassi Ridha Bouguezzi des années soixante dix et quatre-vingts et Ilhem Jemaï étaient, eux, impeccables !! La même soirée de samedi dernier, Tunis 7 a cédé la place à Hela Rokbi, pourtant chevronnée dans le domaine de l’animation, qui présentait l’émission «Ahla Ness», réservé au gouvernorat de l’Ariana. Elle a eu «l’ingénieuse» idée de présenter pompeusement un enfant d’une dizaine d’années qui a opté pour la chanson humoristique (rien d’extraordinaire). Le résultat était un fiasco total avec des paroles de bas étage. Et pourtant Hela Rokbi était dans les anges.


A croire qu’elle venait de découvrir un nouveau Abdelwaheb. Et dire que l’émission passait en direct sur notre chaîne nationale satellitaire. A l’évidence, on tombe très bas en cette période estivale. Quel que soit le nombre des spectateurs, ils ont droit au respect. Il ne faut plus s’étonner, alors, le jour où le Tunisien ne regarde plus que les émissions sportives. A bon entendeur...


 

Jamel BELHASSEN


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com