La fin d’un règne






Après moult tractations, le président pakistanais Pervez Musharref, se résout à présenter sa démission. Contraint par une montée en puissance de l’opposition et les menaces de destitution, Musharref choisit le moindre mal tout en espérant bénéficier d’une certaine immunité juridique et éviter ainsi d’éventuelles poursuites.


Il est vrai que le bilan de ce général, au pouvoir depuis plus de huit ans, est totalement négatif sur tous les bords: «violations graves" de la Constitution, une économie à la déroute selon ses propres aveux. « "Je prie pour que le gouvernement arrête cette dégringolade et sorte le pays de la crise", dit-il en substance.


Ce «bon allié» des Etats-Unis paie aujourd’hui un prix fort pour son manque de discernement dans la gestion de la politique quotidienne de son pays, en raison notamment de son engagement inconditionnel aux côtés de la première puissance de la planète, les Etats-Unis, et par des actions ultra musclées contre son propre peuple à plusieurs reprises. Il a poussé l’excès de zèle jusqu’à tolérer des bombardement de certaines régions de son pays par l’aviation des forces alliées.


La démission de Musharref constitue un aboutissement logique d’une situation qui n’a fait qu’empirer au fil des ans. S’il résout en fin de compte certains problèmes intérieurs, le départ de Musharref pose de véritables problèmes et laisse la région dans l’expectative. Qui remplacera le président, jeté en appât à ses adversaires par l’administration Bush. Est-il en mesure de mener le pays à bon port en sachant notamment trouver le juste équilibre pour prendre les décisions qui s’imposent au moment opportun?


Quoi qu’il en soit, l’humiliante démission de l’ancien homme fort d‘Islamabad constituera à coup sûr une belle leçon pour son successeur qui héritera d’un pays à la dérive, dans un contexte mondial on ne peut plus délicat.


 

Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com