La crise s’accentue en Israël: A quand la guerre des eaux?






Le Quotidien-Agences


Uri Shani, un universitaire qui préside aux destinées de la Water Authority (Mekorot), a lancé, un véritable cri d'alarme : "Israël connaît la pire crise de l'eau de son existence". "Nous allons à la catastrophe", a-t-il averti, en précisant qu'un peu partout les signaux d'alerte s'étaient allumés.


Le lac de Tibériade, qui fournit un tiers de la consommation israélienne, a atteint sa ligne rouge (213 mètres au-dessous du niveau de la mer). A l'automne, il pourrait atteindre la ligne noire au-dessous de laquelle ce grand réservoir serait en péril en raison des risques de salinisation et d'apparition d'algues toxiques. Uri Shani a fait un état des lieux de tous les bassins aquifères. Leur niveau n'a jamais été aussi bas. Le bassin de la côte a déjà atteint la ligne noire, ce qui signifie qu'il y a déjà eu des infiltrations d'eau de mer et que "des dégâts peut-être irréversibles ont été causés", a-t-il souligné.


Uri Shani a déjà prévenu que les prochaines années risquaient d'être pires. Une série de mesures ont été et vont être prises. L'arrosage public pourrait être interdit dès l'an prochain. "Israël deviendra jaune et il faudra apprendre à nager dans des piscines vides", a prévenu Uri Shani. Les quantités d'eau utilisées par l'agriculture seront réduites d'un tiers. Une campagne nationale a été lancée pour inciter la population à économiser l'eau. Son prix va augmenter. Depuis quatre ans, il pleut de moins en moins. Pour l'année 2008, le déficit prévu sera de 350 millions de mètres cubes. Et la consommation domestique augmente de 4 % par an.


Le manque de pluie frappe aussi durement la Cisjordanie. Un tiers en moins au cours du dernier hiver. "2008 a été déclarée année de sécheresse. La situation au sud et à l'est d’Al Khalil, à Bethléem, à Jénine est préoccupante", dit Ayman Rabie, responsable de l'organisation non gouvernementale (ONG) Palestinian Hydrology Group. L'approvisionnement venant d'Israël a été réduit de 20 à 30 %, affirme l'Office de coordination pour les affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Il y a désormais des coupures d'eau. Des camions-citernes pallient les manques, mais l'eau est quatre fois plus chère.


L'eau est un enjeu majeur des négociations entre Palestiniens et Israéliens pour la création d'un Etat palestinien. Le processus d'Oslo avait laissé cette question capitale de côté. Les Israéliens consomment 3,5 fois plus d'eau que les Palestiniens et contrôlent complètement les ressources en eau de la Cisjordanie.

Mohsé Perlmutter, de la société de protection de la nature, pense que "le plan d'urgence vient trop tard" et annonce des lendemains difficiles pour Israël. Surtout si les Palestiniens exigent le contrôle de leurs ressources en eau.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com