«Le Quotidien» au tournage de «Sayd Errim»: Des défis à relever et des contretemps à contrecarrer !

Deux semaines presque nous séparent du mois sacré de Ramadan et pourtant on continue à tourner ici et là. Une vraie course contre la montre pour être prêt à temps et présenter un produit télévisé qui se défend et surtout qui répond aux attentes des téléspectateurs tunisiens. On tourne jour et nuit, dans des conditions très pénibles, défiant la canicule… avec l’espoir de plaire au grand public. «Le Quotidien» a accompagné, un après-midi, l’équipe du réalisateur Ali Mansour en tournage de «Sayd Errim» et vous a concocté un bouquet de news sur ce feuilleton ramadanesque.

 

Des câbles tentaculaires qui se croisaient ici et là sur le trottoir et à l’entrée de l’immeuble, un policier qui essuyait sa sueur contrôlant avec un petit sourire le va et vient devant cette nouvelle bâtisse, des gens qui montaient et descendaient…et pourtant un silence religieux régnait dans toute la zone. Dans ce nouveau quartier du côté d’El Aouina, Ali Mansour a débarqué depuis quelques temps pour tourner quelques séquences du feuilleton ramadanesque «Sayd Errim» — qui peut être traduit par «La chasse à la gazelle». On suit les câbles, on sonne à la porte et nous voilà déjà en plein tournage, au cœur de la vie de Rihab et Inès, un jeune couple qui vient de se marier et qui rencontre plusieurs difficultés. Ali Mansour, l’un des réalisateurs tunisiens chevronnés, n’a pas été loin de ces deux comédiens. Il est le maître des lieux sans conteste ! Des sandales aux pieds, une tenue décontractée, Ali Mansour semble très déconnecté du monde extérieur. Tantôt assis, tantôt accroupi, M. le réalisateur n’a pas cessé de faire le va-et-vient dans le salon de cette maison qui accueille le tournage, pour conseiller, contrôler ses techniciens et encadrer les jeunes comédiens pour que tout soit bien harmonieux… et pourquoi pas parfait. Et déjà, ceux qui travaillent dans ce domaine reconnaissent qu’il est vraiment soucieux de la perfection. Ici et avec Inès, Dorra et Rihab, Ali Mansour ne loupe aucun détail. Il supervise tout, gérant des détails dans les détails.

«Silence, on tourne !» n’a cessé de répéter le réalisateur sur un ton ferme, contrôlant d’un œil l’emplacement de ses jeunes comédiens et de l’autre les plans pris par cette caméra orpheline placée dans la salle.

«Depuis qu’on a commencé le tournage, j’ai perdu tout contact avec le monde extérieur. Je ne connais même pas la date d’aujourd’hui. Je suis vraiment pris. Je ne vous cache pas qu’on s’efforce ici pour faire marcher convenablement le travail. Nous travaillons dans des conditions très pénibles comme vous l’avez constaté avec une seule caméra et nous sommes dans une vraie course contre la montre. Ce n’est jamais la faute du producteur mais c’est toujours la même histoire des décisions qui sont prises avec beaucoup de retard. Croyez-moi, on n’a pas même eu le temps de répéter avec les comédiens et de faire les préparatifs nécessaires», nous a confié le réalisateur qui est invité et avec toutes ces conditions difficiles à combattre la canicule et ces jours rudes du mois d’août. «Nous avons vécu vraiment des jours très difficiles. Avec la montée du mercure, imaginez des gens qui tournaient des séquences dans des ambiances hivernales. Alors, dans ce temps étouffant, ils étaient obligés de porter les vêtements de l’hiver, de se couvrir et de supporter aussi la chaleur qui se dégageait des projecteurs et des machines. Vraiment, c’est inhumain. Il nous est arrivé de tourner 19 heures sans interruption», a noté Ali Mansour qui malgré tout garde son sang-froid, essayant d’un temps à autre de lancer une petite anecdote éclair pour égayer l’ambiance.

 

La société autrement…

La caméra tourne. Dans le champ, Rihab et Inès révisent le texte discrètement pour s’assurer de tous les détails. Dorra, avec son joli visage et son look branché a été à la porte, en attendant un petit signal du réalisateur pour rejoindre le jeune couple et mener le jeu. «On tourne !», c’est le mot magique qu’on attend tous! Dès que Inès ouvre la porte pour Dorra, les choses prennent un autre tournant ! Pour le jeune mari Rihab et sa jeune épouse Inès et leur amie Dorra, c’est le moment ou jamais pour mettre les points sur les «i» et régler ces histoires amères d’infidélité et de trahison. Les voix du couple se lèvent encore une fois…Les chicanes ne finissent jamais entre Inès et Rihab tant que Ali Mansour n’est pas encore satisfait et tant que Rihab continue à mentir. «Cette histoire secondaire qui accompagne l’histoire principale, nous plonge dans l’univers des jeunes. Nous avons voulu dans cette partie, mettre en exergue les composantes de la conception de l’amour et la vie conjugale chez les jeunes. C’est un autre monde qui a ses repères par rapport au premier axe de récit, où l’amour prend des connotations matérielles et physiques uniquement», nous a expliqué le réalisateur. Pour l’histoire principale, elle se déroule entre la station des louages d’El Moncef bey, une usine de couture, un quartier populaire situé dans les environs de la capitale et un lieu de rencontre entre des étudiants fortunés qui regardent l’avenir avec des yeux rêveurs. Chaque lieu a ses maîtres et ses repères. A l’usine, Raîf M’rad connu pour son sérieux en tant que directeur mais aussi par son comportement vicieux. Un vrai coureur de jupons, ce directeur ne rate pas l’occasion pour abuser de ses pauvres ouvrières. Maryem a perdu son honneur et sa vie suite à une relation illégitime avec son patron Raîf qui a l’a rejetée. Triste, Rim, la sœur de Maryem, a décidé de se venger. Belle, intelligente, cette jeune diplômée de l’université a mis plusieurs plans pour piéger le patron. Parviendra-t-elle à son objectif ? Personne ne le sait sauf Mme Rafika Boujeddi, la scénariste, le réalisateur, le producteur, M. Néjib Ayed le maître de «Rives Productions» et bien sûr leur équipe.

Pour les comédiens qui sont à l’affiche de cette production télévisée, on note la présence de Fethi Haddaoui (Raîf), Raouf Ben Amor (Adnane), Sana Kassous (Rim), Afef Ben Mahmoud (Narjes), Lotfi Abdelli (Souheil), Mohamed Ali Ben Jemaâ (Skander), Amel Alouane (Amel), Abdelaziz Meherzi (Taher) et une autre armada de stars de la télé, du théâtre et surtout des jeunes. Notons que pour accélérer le tournage, le directeur de la production a invité le réalisateur Abdelkader Jerbi pour prendre part à ce feuilleton. A Gammarth, ce réalisateur a planté son plateau, l’essentiel est de réussir cette production et de terminer dans les jours qui viennent.

 

Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com