Bilan du 44e festival de Carthage (1): Les feuilles romaines et le réveil






Un festival de soirées a, comme d’habitude, rythmé le plus clair de la saison d’été 2008. Les nuits à la cigale ont fait veiller petits et grands. Les sérénades ont d’un côté perturbé le sommeil de quelques-uns et de l’autre fait briller les coins et les recoins de nos villes et villages les plus reculés.


 


Pour l’épanouissement de tous et toutes, on a mis donc le paquet et cerné les ambiances tout autour pour que les fêtes soient des fêtes. Et non des virées aux accidents et au cauchemar. Avant qu’on ne plie et range bagage, et avant que l’ordre et le calme ne reviennent à la maison et sur terre. Avec le grand retour scolaire et avant qu’on n’accueille le Mois Saint, un flash back s’impose. Surtout du côté du festival de Carthage, le plus en vue. Le plus vieux et le plus frais aussi de tous nos festivals malgré son passage sur des nuages et autres zones de turbulence, quelques sessions durant. 


Après les saisons mortes et les années de vaches maigres, un petit vent malin est venu cette année balayer toutes les misères ou presque qui ont ébréché la notoriété de ce festival et fait grincer les roues de la machine festive. Carthage qui ne reconnaît pas la défaite, renaît toujours de ses cendres, brillant de mille et un feux et de toutes les couleurs. Et la flamme y est encore là. Il a seulement suffi de gratter un petit peu dans la cervelle pour voir mieux et mettre le train de ce festival en marche sur les bons rails.


Le premier concerné, on le sait, est sans aucun doute le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine. Un ministère qui peine toujours à trouver le bon candidat pour diriger comme il se doit le festival et gérer une fois pour toutes la fourmilière de lacunes et problèmes. Résultat : une foule de sessions qui ont frisé le fiasco et avec de lourdes dettes à assumer, de grosses taches sur le voile de l’honnêteté  et les mécontents sont plus nombreux que les contents dans chaque coin de rue. Des caisses de l’Etat et de l’argent des contribuables, on a tiré à volonté les milliards pour au final n’accoucher que d’une souris. Une souris grise. L’affaire est indigeste. La presse écrite et audio visuelle ne s’est pas tue et s’est déchaînée. Et quand la presse se déchaîne, c’est là où le bât blesse et pour l’arrêter il faut se plier en quatre, reconnaître les gaffes et jurer de changer sinon c’est le boycott. Une chose qu’on craint. Que tout le monde craint. Les responsables et les artistes qui ont des liens étroits avec les mass média. Les mass media qui font le bon et le mauvais temps et qui ne reculent devant rien. En temps normal. Sauf exception. Car, il y a toujours exception. C’est quand la culture devient du domaine des affaires. Et là, c’est le tourbillon qui n’a pas de fond et le déluge de fonds tourne à gauche, à droite et dans tous les sens. Les soudoyés de tout bord quémandent leur part de camembert en entier et à fond et les intermédiaires font circuler toutes leurs cartes pour que leur marché fonctionne aux frais de la princesse. Sinon, c’est la rupture et chacun tire le drap de son côté et tout dépend de sa force, son appui et les muscles de ses épaules. Un monde fou qui se réveille avec les cigales  et qui se prend une longue sieste avec le reste des quatre saisons. Un monde qui trouve de quoi se nourrir des mois durant en attendant le prochain rendez-vous d’été. Mais pour se nourrir, il y a, outre la palette du  programme proposé, un grand dispositif financier derrière. Et qu’il faut gérer. Demain c’est un autre jour et une autre feuille à décortiquer avec ses veines. Le programme et son impact.


 

Z. ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com