Haro sur les nouvelles formes de tromperie






Le registre de malversations commerciales du côté de chez nous, qui est déjà encombré de pratiques illicites, vient de s’enrichir davantage par une technique on ne peut plus malveillante. Le «mérite», de la nouvelle trouvaille revient à un fabricant de détergents et des produits d’hygiène leader sur le marché local.


A l’instar de tous les opérateurs économiques dans le pays, et dans le monde entier d’ailleurs, l’entreprise en question se trouvait confrontée à la hausse continue des cours des matières premières qui sont fondamentales pour son activité. A cette conjoncture internationale difficile il faut ajouter un contexte concurrentiel local très rude qui complique davantage la donne. Du coup, il devient alors difficile à toute entreprise d’empêcher ses coûts de s’envoler et par conséquent de garder les prix dans une marge acceptable par le consommateur. Cela dit, il devient tout à fait légitime aux entreprises de réviser leur prix à la hausse. Et c’est d’ailleurs ce qui est devenu très courant, ces derniers jours, dans nos murs. Quant au consommateur qui est déjà perdu dans un labyrinthe de prix et qui se réveille presque chaque jour pour découvrir que le prix d’un tel ou tel produit a augmenté, il sait très bien que l’entrepreneur qui se soucie de son pouvoir d’achat n’existe pas. Il n’attend donc jamais que les entreprises sacrifient leurs gains pour lui faire plaisir. Ce qu’il demande, et on parle ici de son droit le plus légitime, que la loi est censée préserver, c’est d’être bien avertis quand on décide de lui vendre plus cher. Le droit duquel on parle est celui de la transparence.


La technique adoptée par l’entreprise en question et que nous insistons à considérer comme malhonnête et illégale concerne une marque de lessive en poudre commercialisée sous des emballages en plastique.


Le stratagème est simple. Il concerne, à priori, un paquet de lessive de 500 grammes que l’industriel commercialise sous une marque très connue. Pour réajuster la marge de ses profits, rétrécie sous l’effet de la flambée des cours des matières premières, le fabricant aurait tout simplement pu recourir à l’alternative la plus connue : réviser ses prix à la hausse. Obsédés par leur leadership sur le marché et par la notoriété de leur marque aux yeux de leur clientèle, les responsables de cette société ont cédé à la tentation en se tolérant de tromper cette même clientèle. Ainsi à la place de procéder à la technique légale régissant l’activité commerciale, les stratèges de cet industriel ont opté pour la tromperie. L’astuce est très simple : en gardant le même emballage, ils réduisent la quantité de produit et discrètement en mentionnent le nouveau présage (475 grammes au lieu de 500 grammes). De ce fait, excepté les acheteurs avertis, habitués à bien lire ce qui est écrit sur l’emballage et qui finissent toujours par dévoiler le subterfuge, les crédules, eux, se font piéger tout en continuant à croire à l’honnêteté d’un fournisseur de détergents.


Le problème c’est que cet exemple de tricherie commerciale n’est pas un cas isolé. Beaucoup d’opérateurs, incapables de préserver leur équilibre en cette conjoncture économique très délicate, se permettent ce genre de pratiques. C’est aux instances compétentes d’intervenir pour empêcher que l’on porte atteinte aux consommateurs….déjà lessivés !

Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com