«Des temps et des vents»: Trois enfants, trois récits






A un village turc, perché sur la mer Égée, la réalisatrice Reha Erdem invite les adeptes du Centre Culturel International de Hammamet. Une soirée qui s’annonce lyrique grâce à «Des temps et des vents».


 


Après une visite éclair au Liban, sous les bombes, la direction de la 44e édition du Festival international de Hammamet proposera, ce soir, à ses fidèles une nouvelle destination : la Turquie. Loin de la mystérieuse Istanbul et dans une petite et pauvre bourgade presque oubliée, Reha Erdem plongera les cinéphiles grâce à son film «Des temps et des vents», réalisé en 2007. Considérée comme l’un des espoirs du cinéma turc, cette réalisatrice turque a déjà à son répertoire trois réalisations réussies qui lui ont valu plusieurs prix nationaux et internationaux et des invitations dans des grands festivals en dehors de la Turquie. «Des temps et des vents» est sa quatrième œuvre.


Produit par «Atlantik films» et projeté depuis sa sortie sur plusieurs écrans, cette production cinématographique a trouvé facilement son chemin vers les festivals et les cinéphiles grâce à une touche lyrique qui rythme l’histoire et l’originalité du traitement du thème de l’enfance. Signée par Reha Erdem pour le scénario et la réalisation, cette œuvre retrace le vécu de trois enfants qui sont nés dans un petit et misérable village, mais qui ont du mal à accepter leur quotidien et cette vie monotone. Au fil des saisons et au rythme des temps et des vents, Omer, Yakup et Yildiz, âgés à peine d’une douzaine d’années, vont grandir. Et à chacun d’eux, son propre récit.


Si Omer, le fils de l’imam, ne cesse de souhaiter la mort de son père, Yakup ne cache pas son amour ardent pour son institutrice. Entre ces deux, Yildiz affiche son mécontentement et son refus de cette vie partagée entre l’école, les courses et les travaux dictés par sa mère. Dans la colère et la routine, ce trio baigne en l’absence d’une lueur d’espoir. Et Mme la scénariste et la réalisatrice a su bien communiquer ces émotions confuses non uniquement à travers les mots mais en mettant l’accent sur les changements qui accompagnent le passage d’une saison à une autre. Ce vent qui souffle sur ce village perché dans la montagne, ces vagues de la mer Égée qui déferlent violemment sur les côtes en hiver et en douceur en été, ces senteurs qui se dégagent des vallées aux rythmes des saisons, rythment le film. Et Reha Erdem n’oublie aucun détail. Le résultat est un film très poétique où plutôt quatre tableaux naturalistes. Quatre temps qui sont bien fignolés et finement tracés par cet appel à la prière. Rien n’est étonnant pour cette réalisatrice diplômée du département du cinéma de l’Université de Paris VIII et qui a aussi un mastère dans le domaine des arts plastiques. Dans «Des temps et des vents», Reha Erdem dévoile non uniquement ses potentiels créatifs, mais aussi sa propre vision de l’enfance et de la nature. Loin de la brutalité des grands, de ce monde perplexe où la communication fait défaut, la nature- cet espace ouvert- reste le seul refuge où l’enfant se libère de toutes les contraintes quotidiennes…A voir !


 

Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com