Fournitures scolaires: Des prix abordables au détriment de la qualité






La rentrée scolaire entraîne des dépenses diverses pour les familles. Fournitures en papier, matériels pour écrire ou dessiner, cartables, livres scolaires, tenues de sport, tabliers... L'augmentation des dépenses sera de taille cette année d’autant plus que la rentrée coïncidera avec le mois de Ramadan et l’Aïd. Combien coûte la rentrée scolaire pour les foyers tunisiens ?


 


Tunis-Le Quotidien


A la queue leuleu, les occasions se succèdent cette année: vacances d’été, Ramadan, rentrée scolaire et Aïd, les parents auront du pain sur la planche pour le grand bonheur des commerçants. C’est la période des vaches grasses pour les grandes surfaces ! A quelques semaines de la rentrée, les magasins de grande taille regorgent déjà de fournitures scolaires (Sans parler des produits alimentaires et autres ustensiles de cuisine).  Cartables décorées de photos de super héros, cahiers avec le portrait des Witchs, des Winx, de Batman, de Battle Bidamen et autres idoles des mômes en page de garde, des colles, des règles et des crayons avec des décors des deux fameuses Fulla et Barbie… Une aussi large palette décorative laisse les petits déconcertés… Côté esthétique, les bambins n’auront que l’embarras de choix !  Mais côté qualité, certains articles laissent à désirer ! En effet, les petits « engins » bien enjolivés et vendus à un prix assez bon marché, s’usent vite. Et pour satisfaire les différents désirs de leurs enfants, les parents doivent mettre de l’argent de côté. Vêtements, fournitures scolaires,  abonnements, inscriptions et sans oublier les frais de la garderie scolaire…tels sont les types de dépenses envisagées par les Tunisiens à l’heure actuelle à l'occasion de la rentrée. C'est plus particulièrement le cas des foyers comprenant des enfants scolarisés. De quoi mettre du baume au cœur des industriels du textile…entre autres ! Rien d'étonnant en cette période de rentrée des classes que certaines familles se serrent la ceinture…


 


M. Mohamed Dridi, père de deux enfants, a prévu de mettre 100d de côté pour la rentrée de sa fille. «En fait, je n’ai pas encore une idée claire sur le coût de la rentrée. Ma fille aînée s’apprête à entrer en classe première de l’enseignement de base. Je suis donc un novice en la matière. Mais j’ai déjà déboursé la somme de 250d pour acheter des vêtements à mes deux enfants. Et je dois, bien sûr, penser aussi aux frais de Ramadan et de l’Aïd. Je ne sais pas comment est-ce que je vais pouvoir m’en sortir, mais j’essaye d’être prévenant », dit-il.


 


De son côté M. Habib, a déboursé 300d pour la rentrée de sa fille inscrite en troisième année de base. Et il s’attend encore à d’autres dépenses. «J’ai déboursé 140d comme frais d’inscription parce que ma fille poursuit ses études dans une école primaire privée. Et j’ai déboursé 160d pour la fourniture scolaire, les livres, le cartable et le tablier. C’est mon lot à chaque rentrée sans compter les vêtements et les extras ! Et ce qui me travaille, c’est que je vais devoir également affronter les dépenses de Ramadan et de l’Aïd ! Certains me disent que j’ai tort d’inscrire ma fille dans une école privée parce que ça chiffre. Mais si je vais inscrire ma fille dans un établissement étatique, il va falloir que je la mette aussi dans une garderie scolaire et peut-être qu’elle aura aussi besoin de cours particuliers. Sans parler du tracas du ramassage. Cela va donc revenir au même. Alors autant l’inscrire dans une école privée parce que le prix de la garderie, du déjeuner, du bus scolaire et des cours particuliers y est inclus», se dit-il.


 


M. Tahar, a deux enfants en école de base et une fille au secondaire. A présent, il a déboursé la somme de 300d pour leur acheter quelques fournitures et quelques approvisionnements. «J’ai payé les frais d’inscription de mes enfants, je leur ai acheté les livres, les tabliers et les cartables. Je dois encore payer les abonnements, les cahiers, la fourniture et les vêtements. Et je ne dois pas oublier bien sûr que je vais affronter les dépenses de Ramadan et de l’Aïd. De plus, les vacances m’ont déjà coûté les yeux de la tête», dit-il.


 


 La rentrée : quelques chiffres


«10% de moins au moment de passer à la caisse pour ceux qui achètent des cartables et des fournitures », dit Melle Rebh Bouazizia,  gérante d’une grande libraire au centre-ville. C’est probablement ce qui permettra aux citoyens de respirer un peu ! En effet, certaines fournitures sont subventionnées par l’Etat. Les cahiers de 12 pages sont proposés à un prix fixe de 170 millimes. Les cahiers de 24 pages à 320 millimes, les cahiers de 48 pages à 690 millimes  et les cahiers de 72 pages à 1025 millimes. «Tous les cahiers sont de qualité “super“. La différence entre un cahier et un autre est donc une question de goût personnel. En effet, ils ont tous le même prix et pratiquement la même qualité. C’est au niveau des cartables qu’il y a une différence visible aussi bien au niveau de la qualité qu’au niveau du prix. Il y a un éventail de choix. Un cartable peut aller de 20 dinars jusqu’à 100 dinars selon la qualité. Quant à la fourniture, cela dépend essentiellement de la qualité. Les fournitures de marque ne misent pas sur le côté esthétique, mais sur la qualité. Contrairement aux produit “bas de gamme“ qui jouent sur les formes et les couleurs beaucoup plus que sur la qualité», explique-t-elle.


Plusieurs parents décident toutefois de reporter ces achats pour une date ultérieure. Certains se contentent d’acheter le cartable ou quelques livres en attendant…la paie de la fin de mois. « En fait, plusieurs clients n’ont acheté que les cartables. D’autres ont juste acheté les livres. Mais pratiquement aucun client n’a acheté toute la « liste ». Ils préfèrent partager leurs achats sur deux mois pour que les dépenses soient plus légères. D’autres attendent la rentrée pour acheter les fournitures parce que chaque professeur exige une liste spéciale », conclue-t-elle.


D’ici la rentrée, les familles doivent se serrer les coudes. Il va falloir se montrer solidaires pour…s’en sortir. Face aux multiples dépenses auxquels les Tunisiens s’apprêtent, il faut savoir gérer son budget pour ne pas finir avec un cumul d’échéances non payées et un compte bancaire qui sent le roussi… Et bonne rentrée à tous !


 

Abir CHEMLI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com