Statu quo…






Tout laisse à croire que la «baraka» accompagne, cette fois-ci, la secrétaire d’Etat américaine, dans son nouveau et énième périple moyen-oriental. En effet, et quelques heures avant l’arrivée hier de Condoleezza Rice dans la région, Israël a procédé à la libération de 198 prisonniers palestiniens, dont deux parmi les plus anciens, dans un «geste à l’égard du président Mahmoud Abbas», qui les a accueillis en héros à Ramallah. Entre deux incursions meurtrières dans les Territoires, Israël montre ainsi qu’il sait aussi faire preuve d’une certaine largesse toute propagandiste susceptible d’aider à «instaurer un climat positif et à encourager le processus de paix».


Le chef de la diplomatie américaine qui effectue sa 18e visite dans la région a vu d’un bon œil en tout cas l’initiative israélienne qu’elle considère comme un signe positif pour la relance des négociations de paix. Condo ignore peut-être que 11.000 Palestiniens croupissent depuis des années dans les geôles israéliennes.


Il s’en faut de peu, décidément, pour doper le moral de la secrétaire d’Etat américaine, car les négociations de paix israélo-palestiniennes semblent faire du sur-place depuis leur relance et n’ont pas évolué d’un iota. Aucune percée  n’a été, en effet, enregistrée dans ce registre depuis la conférence d’Annapolis qui avait promis, pourtant, monts et merveilles.


La responsabilité de ce fâcheux couac incombe notamment à l’Etat hébreu qui a laissé pourrir les choses. Les gouvernants israéliens, qui ont toujours considéré la paix comme une équation à plusieurs inconnues mais dont le résultat sera éternellement zéro, ont, en effet,  usé et abusé de leurs tergiversations coutumières, se refusant à chaque fois d’aborder les questions cruciales du conflit, sous des prétextes fallacieux et des mobiles créés de toutes pièces. La poursuite des exactions à Gaza et de la colonisation en Cisjordanie et Al Qods a fini par persuader tout le monde qu’un accord de paix israélo-palestinien relève pour l’heure de l’utopie et que sa réalisation effective n’est point envisageable pour le moyen terme.


Elle n’interviendra pas, en tout cas, d’ici la fin de l’année en cours comme l’a souhaité et promis le président américain George W. Bush.


Dépêchée dans la région pour une nouvelle mission en Israël et chez les Palestiniens, Condoleezza Rice aura, de toute évidence, fort à faire pour renverser la vapeur et baliser le terrain en vue d’une relance effective des négociations de paix.


Réussira-t-elle dans son entreprise? On est en droit d’émettre  des doutes sérieux, à moins qu’un nouveau miracle se produise dans cette terre sainte, théâtre de tant de tragédies...


 

Chokri BACCOUCHE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com