Génocides à répétition






Il n’existe pas d’autres termes à notre avis pour qualifier les multiples bavures commises par les forces de la coalition en Afghanistan et également en Irak régulièrement depuis des années. Il s’agit tout simplement des génocides perpétrés contre la population civile de pays occupés par la force militaire. La dernière bavure a fait près d’une centaine de victimes, 90 civils exactement selon les décomptes officiels « parmi lesquels 60 enfants, 15 femmes et 15 hommes", comme l’a écrit le représentant du secrétaire général des Nations unies en Afghanistan, Kai Eide, dans un communiqué.


L’Organisation onusienne rassure à sa manière quand elle ose rompre le silence. « Une enquête sera ouverte pour déterminer les circonstances de la bavure et définir les responsabilités » peut-on lire à chaque fois. Les conclusions seront envoyées aux calendes grecques comme à l’accoutumée. Au nom de la lutte contre le terrorisme, les forces de la coalition s’arrogent le droit d’entreprendre des opérations périlleuses au risque de faire des centaines de victimes parmi les civils. Au nom de la lutte contre le terrorisme, la coalition se permet de bombarder des zones d’Etats souverains, sans demander d’autorisations préalables de qui de droit. Au nom également de la lutte contre le terrorisme, ces forces de la coalition entreprennent des opérations militaires d’envergure emprisonnant souvent des dizaines de milliers de citoyens civils pendant de longs mois sans leur adresser des inculpations précises.


Ces bavures à répétition constituent de véritables crimes, a fortiori commis contre des innocents. Ils sont perpétrés  au vu et au su des membres de la communauté internationale et ne font que réduire les chances d’une accalmie et suscitent le sentiment de frustration chez les habitants.


Les interventions militaires en Irak et en Afghanistan ont démontré leurs limites. Elles ont prouvé que le langage de la force n’est plus aujourd’hui en mesure de résoudre les problèmes. Bien au contraire il ne fait qu’accentuer les divergences entraînant parfois l’humanité dans des crises inextricables. Les économistes s’attendent dans les prochaines périodes à un tsunami économique durant lequel des économies entières risqueraient de s’effondrer comme un château de cartes.


 


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com