Selon «Le Canard Enchaîné»: Des officiers US ont participé à l’attaque géorgienne contre l’ossétie du sud






Le Quotidien — Agences


Le Canard Enchaîné, a confirmé la participation d’officiers américains au côté des Géorgiens lors de l’offensive du 7 août dirigée contre Tskhinvali, la capitale d’Ossétie du Sud. L’article débute par cette phrase : «Le 7 août, avant même de lancer son offensive en Ossétie du Sud, le président Saakachvili savait qu’il allait disposer d’une aide américaine sur le terrain». D’après le Canard, les analystes de la Direction du renseignement militaire français sont formels : non seulement des officiers américains ont participé directement aux opérations du 7 août, mais ils ont en plus suggéré aux Géorgiens de lancer «des centaines de missiles sol-sol sur la capitale ossète».


Ces informations émanent d’une source qu’on peut sans crainte qualifier de sûre. Au sommet de Bucarest de début avril, la France et l’Allemagne se sont montrées hostiles à la candidature de la Géorgie pour devenir membre de l’OTAN. Pour justifier leurs réticences, ces deux pays ont invoqué le problème des séparatismes ossète et abkhaze. Ce qui doit gêner, en outre, l’Allemagne et la France, même si elles n’en ont rien dit, c’est qu’elles savent bien que l’OTAN est le portier en uniforme de l’Union Européenne, ce «nain politique» qui est né de la nécessité étasunienne de conserver une tête de pont en Eurasie, et que l’admission de la Géorgie dans l’Alliance serait annonciatrice d’une admission dans l’Union.


Après le sommet de Bucarest, les alliés se sont quittés en se promettant de se revoir en décembre 2008, afin d’examiner les évolutions qui se seraient produites durant le laps de temps en Géorgie et d’évoquer à nouveau son adhésion. Les Américains ont-ils cherché à précipiter les événements afin de ne pas retarder l’agenda de l’OTAN ? Ont-ils, dans ce but, donné la consigne d’invasion de l’Ossétie ? Ceci semble probable aujourd’hui. Leurs manœuvres conjointes de cet été qui avaient sans doute comme objectif d’intimider la Russie n’ont pas eu l’effet escompté. Car au lieu d’émettre des condamnations de principe, Moscou a réagi militairement, comme on sait, conduisant à l’échec de l’offensive américano-géorgienne.


Que vont donc faire George W. Bush et son équipe néoconservatrice, ces hommes et ces femmes qui décrètent, sans nous avoir consulté à ce sujet, que «la domination américaine est bonne pour l’Amérique et bonne pour le Monde». Vont-ils manquer leur rendez-vous ? Vont-ils le reporter ? Vont-ils agir en sous-main, convaincus qu’ils sont d’être les soldats de Dieu au service de la seule superpuissance capable de faire descendre le Paradis sur Terre depuis la chute du mur de Berlin ?


Pour Julianne Smith, la directrice du programme européen au Centre des études stratégiques internationales à Washington citée par l’édition du Figaro, du 13 août dernier s’exprime :


«La crise n’a fait qu’enhardir deux camps bien distincts à l’intérieur de l’Alliance. D’un côté, pour l’Allemagne, la France et d’autres pays qui s’opposent à ces candidatures en arguant que la Géorgie et l’Ukraine ne sont pas encore prêtes, les événements qui viennent de se passer sont la preuve que les défis internes et autres conflits frontaliers rendent ces pays bien trop instables pour être admis rapidement. D’un autre côté, vous avez des pays, principalement emmenés par les États-Unis, qui ont maintenant des sentiments partagés. Eux aussi reconnaissent que l’on est confronté à une situation très instable et que si l’Otan avait pris des engagements en vertu de l’article 5 (qui stipule qu’une attaque contre l’un de ses membres est considérée comme une attaque contre tous, NDLR), il aurait été pratiquement impossible de déployer des troupes dans la région». (Le Figaro)

Un article du 15 août 2008, intitulé «Jeu d’échec géopolitique : coulisses d’une mini guerre dans le Caucase» (”Geopolitical Chess: Background to a Mini-war in the Caucasus“), écrit par le sociologue américain Immanuel Wallerstein va encore plus loin. Pour Immanuel Wallerstein, les États-Unis «ne sont plus une superpuissance» et «les Américains n’ont pas compris les nouvelles règles du jeu». Ils les découvrent pourtant. Ils n’ont répondu à la présence militaire russe en Géorgie que par «de la rhétorique». Ils sont dans l’incapacité d’agir militairement car la guerre coûte cher et leurs troupes sont déjà mobilisées en Afghanistan et en Irak. L’ironie du sort que souligne le sociologue de Yale, est que le président Saakachvili a dû ordonner le rapatriement d’Irak des deux mille hommes que la Géorgie avait envoyés pour prêter main forte à la coalition. La Géorgie ne sauvera pas l’Amérique, car l’Amérique ne peut sauver la Géorgie.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com