Bavures de la coalition : Hamid Karzaï dans l’embarras






Le Quotidien — Agences


La multiplication des frappes aériennes de la coalition internationale, qui ont tué des centaines de civils en Afghanistan cette année selon Kaboul, montent la population contre les soldats étrangers et menacent la réélection du président Hamid Karzaï en 2009, selon des experts.


Lors de la dernière bavure en date, la plus meurtrière depuis le renversement des talibans fin 2001 par une coalition emmenée par les Etats-Unis, plus de 90 civils, en majorité des femmes et des enfants, ont été tués vendredi dans le district de Shindand, dans l'ouest, selon une commission d'enquête afghane.


Pour sa part, la coalition sous commandement américain, après avoir fait état vendredi de la mort de 30 insurgés, reconnaissait lundi la mort de cinq civils (femmes et enfants) et de 25 talibans.


"Pour chaque civil qui meurt dans une opération de la coalition, Karzaï perd l'appui d'un village qui aurait potentiellement voté pour lui lors de la prochaine élection présidentielle", estime l'universitaire et historien Habibullah Rafi.


"Et si ces tragédies se répètent, la population va sans aucun doute se soulever contre les Américains et l'administration Karzaï de la même manière qu'elle l'avait fait contre les Soviétiques", qui avaient quitté le pays en 1989 après dix ans d'insurrection meurtrière, a-t-il ajouté.


D'après la Commission afghane indépendante des droits de l'homme, plus de 900 civils ont été tués depuis début 2008 dans des violences, du fait des insurgés ou des forces de sécurité afghanes et internationales.


"Les victimes civiles ne font que renforcer les rangs de l'opposition", juge Nasrullah Stanikzaï, professeur de sciences politiques à l'université de Kaboul.


"Les gens obligés d'abandonner leurs foyers en raison des frappes aériennes constituent une force de réserve pour l'opposition armée au gouvernement", souligne-t-il.


Et si les Afghans se rendent compte que leur gouvernement ne peut les protéger, "le fossé entre la population et le gouvernement va s'accroître et les gens vont perdre toute confiance dans les autorités. Les victimes civiles vont avoir un impact très négatif sur la campagne électorale de Karzaï", croit-il.

Installé à la tête d'un gouvernement de transition par la coalition en 2002, Hamid Karzaï avait remporté la première élection présidentielle démocratique afghane en 2004, avec 55% des voix. Il a annoncé son intention de se représenter en 2009.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com