Abdellatif Boughanmi (Entr. E.N. - Dames) : «Des contraintes qu’il faut savoir gérer»
Il a pris certes le train en marche, mais il insiste pour soutenir qu’il se sent fier d’avoir répondu à l’appel du devoir.
Lui, c’est Abdellatif Boughanmi, le nouveau patron de la sélection féminine qui prépare activement sa première participation à une phase finale de la CAN.
En attendant cet important rendez-vous, devant avoir lieu du 15 au 29 novembre prochain en Guinée Equatoriale, nos représentantes iront du côté de Bamako pour y donner la réplique, en match-test, à leurs homologues maliennes. Question bien entendu de tâter le terrain, sinon explorer la savane africaine, un territoire inconnu pour elles, puisque jamais foulé jusque-là.
Avant le départ, nous avons approché le sélectionneur pour nous entretenir à propos de cette première africaine, sachant qu’il s’agit d’un lourd héritage, d’autant qu’il a pris le train en marche, à trois mois seulement de cette CAN 2008. Mais le sélectionneur, souriant et détendu, s’insurge contre ce constat: «Au contraire, dès le premier jour, je me suis senti dans mon élément et pas du tout étranger à cette équipe, du moment que je suis impliqué dans ce football féminin, depuis sa création. En outre, je connais pratiquement toutes les joueuses qui font partie de cette équipe nationale dont j’ai suivi le parcours effectué jusque-là.
J’ai eu l’occasion également de les voir à l’uvre à maintes reprises dans la compétition nationale. Ce qui a permis, aux joueuses et à moi-même, de nous adapter rapidement et sans la moindre anicroche à cette nouvelle situation.
Ce qui explique par ailleurs que j’ai gardé le même groupe, contraint tout d’abord par l’arrêt du championnat à l’heure actuelle, ensuite par l’échéance que nous devons préparer minutieusement.
Pas de changement en tout cas pour le moment. A la reprise de la compétition, qui démarre dans une semaine, peut-être qu’un ou deux éléments se révéleront, et là soyez sûr que je n’hésiterai pas à les intégrer au groupe».
Reste cependant qu’on risque de regretter ce choix du sparring-partner, s’agissant d’un gros calibre. Un risque sciemment calculé apparemment par les responsables. Aussi, Boughanmi l’avoue-t-il sincèrement: «C’est vrai que cette sélection malienne nous est complètement inconnue, à l’instar de toutes les équipes africaines, mais nous sommes contraints d’aller à l’aventure. Ceci nous permettra d’avoir une idée un peu plus claire, de mesurer, si vous voulez, la distance qui nous sépare de ce football africain. Bien que je sois convaincu que nous possédons un bon potentiel dont la marge de progression est énorme, pour preuve en l’espace d’un peu moins de quatre années d’existence notre football commence à se frayer un chemin dans la végétation du football continental.
Force est d’avouer que nos footballeuses ont appris ce jeu sur le tas, un peu sur le tard de surcroît. Aussi, pratiquent-elles un football d’instinct, donc non réfléchi. C’est d’ailleurs leur grande tare. Mais l’avenir nous appartient, soyez-en sûrs, d’autant qu’on assiste à l’éclosion de jeunes joueuses talentueuses et assez douées».
Mansour AMARA

