Une désignation et des enseignements






Barack Obama est officiellement désigné par la convention démocrate pour la course présidentielle américaine. Il s’agit du premier candidat d’origine africaine à prendre part à cette échéance électorale, l’une des plus importantes dans ce monde. En effet, qu’on le veuille ou non, un battement d’ailes à Washington provoque des ouragans ailleurs. Et ils sont nombreux actuellement. L’actuelle administration n’a pas fait preuve de discernement dans la provocation, directement ou indirectement, de foyers de tension à travers le monde.


Le soutien inconditionnel d’un grand nombre d’Américains au sénateur de l’Illinois prouve, si besoin est, qu’un certain nombre de ces derniers n’approuvent guère les méthodes adoptées par l’actuelle administration dans la gestion des affaires du pays d’abord et de la politique extérieure d’une manière générale. Ils désirent sans aucun doute opter pour le changement. Les nombreuses manifestations d’envergure contre la guerre en Irak reflètent fidèlement l’attitude pacifiste d’une frange de la population américaine et leurs désirs de voir le monde géré autrement.


Beaucoup d’enseignements peuvent être tirés de cette montée spectaculaire du sénateur de couleur. L’on peut dire sans risque d’exagération aucune que les Etats-Unis vivent une période de transition qui pourrait déboucher sur une évolution des mentalités et sur de nouvelles appréhensions des réalités de ce monde. L’échec fulgurant des politiques menées jusqu’alors par l’administration Bush dans le monde, en Irak, en Afghanistan, en Somalie et en Géorgie a conduit à la détérioration de l’image de marque de cette superpuissance et au rétrécissement du nombre de ses sympathisants, justement frustrés par son attitude souvent partiale à l’égard des questions chaudes de l’actualité et indifférente au respect des valeurs humaines. L’ère de Bush junior aura été marquée par de terribles scandales commis entre autres à Guantanamo, à Abou Ghrib, dans les prisons volantes et probablement flottantes ainsi que dans les prisons secrètes éparpillées dans quelques régions de la planète.


La mission du successeur de Bush sera difficile et délicate s’il désire véritablement redorer le blason de son pays en rompant avec le passé et en adoptant une politique plus pacifiste du moins humaniste.


 

Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com