LA REVUE DES MARCHES DU 29/08/2008 : Le Tunindex en rebond…






* Le dollar déprimé par les prix du pétrole et les tensions géopolitiques…


* Le baril de brut américain monte et côtoie les 117 dollars …


* L'inflation estimée à 3,8% en août dans la zone euro…


 


Au niveau des marchés, le dollar baissait encore hier matin face à l'euro, tiré vers le bas par le net rebond des cours du brut avec l'arrivée de la tempête Gustav dans le golfe du Mexique et la tension en Europe entre Moscou et les alliés de la Géorgie, dans l'attente d'indicateurs américains. La monnaie unique européenne baissait par contre légèrement face au yen, à 160,14 yens contre 160,90 la veille. Le dollar cédait lui plus de terrain face à la devise nippone à 108,67 yens contre 109,47 yens la veille. Le billet vert était orienté à la baisse vendredi, victime de la nette hausse des cours de l'or noir qui amputait d'autant les perspectives de rebond de la croissance américaine. Dans les échanges matinaux, le prix du baril prenait un dollar des deux côtés de l'Atlantique, en raison de l'arrivée prochaine de la tempête Gustav dans le golfe du Mexique, qui compte pour 26% de la production totale de brut aux Etats-Unis. La hausse du pétrole s'explique également par la tension en Europe autour du dossier géorgien et les menaces de Moscou de couper l'approvisionnement en pétrole et en gaz des alliés européens de la Géorgie. La baisse du dollar face à l'euro s'explique aussi par la réaction limitée du marché, jeudi, aux chiffres meilleurs que prévu de la croissance américaine, révisée en nette hausse au deuxième trimestre à 3,3% en rythme annuel au lieu de 1,9% annoncé initialement. D'autres indicateurs américains devraient animer le marché des changes plus tard dans la journée tandis que des prises de bénéfice, traditionnelles en fin de semaine et, en outre, à la fin du mois, pourraient faire encore baisser le dollar qui s'est globalement bien comporté sur les derniers jours. Il cotait en moyenne 1,4722 dollar pour un euro sur les cinq derniers jours en hausse par rapport à sa moyenne de la semaine précédente à 1,4782. La progression du yen s'expliquait-elle par le renforcement des rumeurs sur une éventuelle hausse des taux, à long terme, par la Banque du Japon (BoJ), après la publication d'une inflation au plus haut depuis 10 ans dans l'archipel. Du coté du marché du pétrole, Le baril de brut américain monte et côtoie les 117 dollars vendredi dans un marché qui se demande si la tempête tropicale Gustav frappera aussi fort la production pétrolière américaine offshore que l'avaient fait les ouragans de 2005. Le contrat d'octobre avance de 1,15% à 116,92 dollars, tandis que la même échéance sur le Brent prend 1,19% à 115,53 dollars le baril. Le brut avait sensiblement baissé jeudi, réagissant au fait que le gouvernement américain et l'Agence internationale de l'énergie se sont engagés à écouler sur le marché des stocks d'urgence si Gustav perturbait fortement la production du Golfe du Mexique. Les météorologues prédisent que Gustav  devait se muer en ouragan hier à mesure qu'il se rapprochera du golfe, qui abrite le quart de la production pétrolière américaine et 15% de sa production de gaz naturel. Les compagnies se préparent en conséquence et Shell, par exemple, a annoncé qu'elle arrêterait sans doute toute production dans le Golfe du Mexique dans les deux jours à venir du fait qu'il évacue son personnel des plates-formes. En dehors de cela, les transactions électroniques sont relativement légères en raison du Labor Day, jour férié aux Etats-Unis, lundi prochain. Les retombées des frictions entre la Géorgie et la Russie sont également un appoint pour le marché. Selon le Daily Telegraph, qui cite une source anonyme, Moscou a informé une compagnie pétrolière au moins de se préparer le cas échéant à réduire ses livraisons vers l'Europe en réaction à d'éventuelles sanctions.


Au niveau économique, l'inflation au Japon a atteint un plus haut de près de 11 ans en juillet, s'établissant à un niveau supérieur aux attentes des analyses tandis que la consommation des ménages a reculé le mois dernier, certes moins que prévu, mais suffisamment pour que le spectre de la récession soit à nouveau présent dans les esprits. L'indice des prix à la consommation "core", qui exclut au Japon les produits alimentaires frais mais inclut les autres aliments ainsi que les produits pétroliers, est ressorti en hausse de 2,4% sur un an en juillet, selon des chiffres publiés vendredi. Les économistes attendaient une augmentation de seulement 2,3% de l'indice CPI. La hausse de juillet est la plus forte depuis octobre 1997. L'indice avancé pour août dans la seule région de Tokyo ressort quant à lui en augmentation de 1,5% pour la version "core", alors que les économistes tablaient sur +1,7%. La hausse des prix a conduit les consommateurs japonais à freiner leurs dépenses et la consommation des ménages a reculé de 0,5% le mois dernier, une baisse toutefois moins marquée que les anticipations des économistes, qui avaient tablé sur un recul de 1,8%.


Dans l’ensemble de la zone euro, l'inflation a atteint 3,8% en rythme annuel en août, marquant ainsi une légère décélération par rapport au record de 4,1% atteint en juillet, montre l'estimation instantanée publiée par Eurostat. Les économistes interrogés par Reuters anticipaient pour août un chiffre de 3,9% en moyenne. L'inflation des Quinze reste encore près de deux fois supérieure au plafond sous lequel la Banque centrale européenne entend la contenir. La BCE, qui a relevé ses taux de 25 points de base à 4,25% début juillet pour lutter contre la flambée des prix, tient sa prochaine réunion de politique monétaire jeudi prochain. Les économistes s'attendent en majorité à un statu quo en matière des taux. La première estimation de l'inflation dans la zone euro publiée par Eurostat n'inclut aucun chiffre détaillé. D’une autre coté le taux de chômage dans la zone euro est resté stable en juillet à 7,3%, annonce Eurostat. Les économistes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur un taux de 7,3%, identique à l'estimation précédente du mois de juin.


Sur le marché du travail, le nombre de demandeurs d'un emploi à plein temps et à durée indéterminée a augmenté de 0,1% au mois de juillet (+2.100 personnes) en France à 1.908.300 personnes, selon les données détaillées communiquées jeudi par le ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi. Sur un an, le nombre de chômeurs de catégorie 1 n'enregistre plus qu'une baisse de 2,6%. Ces chiffres prennent en compte les personnes à la recherche d'un emploi à plein temps et à durée indéterminée dont l'activité réduite a été inférieure à 78 heures dans le mois. Le nombre de demandeurs d'emploi des catégories 1 à 6, la définition la plus proche de la notion de chômeur retenue par le BIT et Eurostat, l'organisme européen en charge des statistiques, a quant à lui augmenté de 0,7% en juillet pour s'établir à 2.361.500 personnes, son recul sur un an revenant à 2,2%. Les chiffres de l'emploi publiés mensuellement par le Minefe ne comprennent pas d'indication du taux de chômage au sens du BIT qui est publié par l'Insee sur une base trimestrielle. L'Insee a ainsi fait état d'un taux de chômage à 7,5% de la population active (7,2% pour la France métropolitaine), au plus bas depuis 25 ans, au titre du premier trimestre 2008. Le taux de chômage au sens du BIT pour le deuxième trimestre sera publié le 4 septembre. Depuis le début de cette année, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie 1 s'est stabilisé autour de 1,9 million de personnes. Dans sa note de conjoncture publiée le 20 juin, l'Institut national de la statistique et des études économiques, tablait sur un ralentissement des créations d'emploi et de la baisse du chômage en 2008.


Au niveau des secteurs, Alitalia met Air France-KLM et Lufthansa sur un pied d'égalité dans les discussions que la compagnie italienne mène en vue d'un partenariat, estime Roberto Colaninno, dans un entretien publié vendredi par La Repubblica. Le gouvernement italien a adopté jeudi un projet de loi permettra la division d'Alitalia en deux entités, l'une regroupant les filiales en difficulté qui seront placées sous tutelle et l'autre bénéficiant d'un milliard d'euros apportés par 16 investisseurs italiens pour relancer la compagnie aérienne sous un format plus réduit. "Nous discutons avec les deux entreprises et ces discussions avancent au même rythme", poursuit celui qui est l'un des 16 investisseurs et qui est largement pressenti pour être le président de la nouvelle version d'Alitalia. "Il est indispensable que nous ayons un partenariat avec l'une des deux", a poursuivi Roberto Colaninno. Air France-KLM, qui avait tenté de racheter la compagnie plus tôt dans l'année, a dit la veille qu'elle était disposée à prendre une participation minoritaire, aux côtés des investisseurs italiens réunis par la banque Sanpaolo Intesa, pour autant que les perspectives de retour à la rentabilité se confirment.


TUNIS : Le Conseil d'administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT) a tenu, mercredi, sa réunion périodique consacrée à l'examen de la conjoncture économique et financière au double plan national et international.  L'environnement international s'est caractérisé, au terme du mois d'août 2008, par la poursuite du ralentissement de l'activité économique et l'accentuation des tensions inflationnistes, en particulier dans les pays industrialisés. Il en est résulté une contraction de la demande mondiale. Parallèlement, les marchés des changes ont enregistré, durant le mois courant, une hausse de la valeur du dollar face aux autres principales devises.  L'économie nationale a continué à progresser, au cours des huit premiers mois de 2008, comme le reflètent le rythme élevé des échanges commerciaux avec l'extérieur, notamment en ce qui concerne les industries manufacturières, et l'accroissement de l'activité des services, y compris le tourisme et le transport aérien.  A l'inverse, la production a enregistré une baisse dans les secteurs de l'énergie, des produits miniers et des céréales. Concernant les prix, le glissement annuel de l'indice général des prix à la consommation familiale a atteint 5,2 pc au cours de juillet 2008, sous l'effet de la forte augmentation des prix des produits de base sur le marché mondial.  Cet indice a connu, en comparaison avec le début de l'année, un recul après avoir atteint 6 % à la fin du mois d'avril 2008.  Sur le plan monétaire, la masse monétaire et les concours à l'économie ont progressé de 10 % et 7,1 % respectivement, au terme de juillet 2008 et en comparaison avec la fin de l'année précédente.  La situation de surliquidité bancaire, enregistrée depuis le mois de mars 2008, s'est poursuivie au mois d'août amenant la Banque centrale à éponger cet excédent. S'agissant du taux d'intérêt au jour le jour sur le marché monétaire, il a fluctué entre 5,13% et 5,38 % depuis le début du mois courant.  Sur le marché des changes, le dinar a enregistré une quasi-stabilité vis-à-vis des principales devises étant donné que sa baisse face à l'euro n'a pas dépassé 0,6 % alors que l'appréciation du dinar par rapport au dollar américain s'est limitée à 0,3 % et ce, depuis le début de l'année et jusqu'au 22 août 2008.  A la lumière de ces évolutions, le Conseil d'Administration a décidé de maintenir inchangé le taux d'intérêt directeur de la Banque Centrale.


Ailleurs, l’Organisation de défense du consommateur (ODC) a lancé un appel à une gestion efficace du budget familial dans le cadre des préparatifs pour la rentrée scolaire 2008/2009. L’ODC recommande au consommateur d’adopter un comportement ”intelligent” à même de préserver son pouvoir d’achat et de consolider l’économie nationale. L’organisation appelle les parents et élèves à acquérir les cahiers et livres scolaires subventionnés dans les limites des besoins réels de la famille. Elle invite le consommateur à choisir les points de vente organisés, notamment ceux offrant des réductions sur les prix des fournitures scolaires, sans toutefois les nommer. L’organisation met, par ailleurs, en garde contre l’achat de marchandises anonymes pouvant avoir des répercussions néfastes sur la santé. L’ODC a réitéré la nécessité de faire face au phénomène de la vente conditionnée, en s’assurant des titres des livres et de la sécurité des fournitures scolaires ainsi que de leur conformité aux normes en vigueur, l’ultime objectif étant d’éviter tout problème de santé pour les élèves, surtout ceux en bas âge.


Sur la place de Tunis, le volume global de refinancement à (-1162,4) : à la date du 27/08/2008), tend  à abaisser le Taux de Marché Monétaire (TMM) à 5.13%.


Enfin, sur le marché des changes, le dinar (au 27/08/2008) s’est déprécié par rapport au yen japonais, il s’est apprécié  par rapport à l’euro, au dollar américain et au dirham marocain.


On retiendra de la journée, notamment, une stabilité des taux et une surliquidité des agents.


 


Haïthem GHARSALLI et Ramy JOUINI


Analystes PERSPECO :


Laboratoire EURO-MED. D’Analyses Economiques

www.perspeco.com


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com