Un retrait plutôt symbolique
La remise de contrôle de la province irakienne Anbar par les autorités d’occupation aux forces irakiennes constitue pour certains observateurs une étape importante dans la stratégie américaine dans la gestion de cette guerre. Cette passation ne constitue aucunement une garantie du retour de la paix et de la sécurité dans la région.
En effet, moins de 24 heures après la passation du contrôle de la province stratégique, des attentats d’une rare violence ont secoué d’autres régions de l’Irak faisant plusieurs victimes. Cela prouve si besoin est que la sécurité n’est pas encore à l’ordre du jour dans la région restée sous la menace de la violence.
Par ce geste, les Etats-Unis et leurs alliés ont voulu démontrer que leur mission est accomplie et que l’heure est à la remise aux forces irakiennes du contrôle de l’une des provinces les plus importantes de l’Irak. L’accord entre les deux parties mentionne toutefois que les forces irakiennes peuvent à tout moment solliciter l’aide logistique et humaine des forces alliées.
Ce désengagement dans la précipitation prouve que la stratégie des forces américaines dans la région s’est soldée par un cuisant échec et qu’ils ne savent plus quelle politique adopter pour sortir du bourbier.
Le retour des forces d’occupation à leur pays constitue la solution appropriée pour éviter les pertes humaines dans les deux camps, mais toutes les données laissent croire que l’administration actuelle n’est pas prête à lâcher du lest et à risquer son capital de dignité et d’amour propre. L’administration actuelle signe et persiste dans l’erreur et continue à adopter une politique improductive en Irak.
Le monde entier n’est plus en mesure de supporter les frais de cette guerre injuste et inutile. La balle sera dans quelques mois dans le camp de la prochaine administration qui, elle seule, pourrait mettre fin à cette guerre absurde et remettre les pendules à l’heure pour le bien de l’Irak, des Etats-Unis et du monde entier.
Lotfi TOUATI

