Animation : Des «châteaux» de sable au cur de la capitale
L’animation estivale de la ville de Tunis s’est clôturée dimanche dernier en fin d’après-midi en beauté. Avec de l’art et de la création et autres bruissements. Des installations à base de sable et d’art éphémère qui racontent un trait de notre civilisation.
Une poignée de nos artistes a donc participé à ce concours d’heureuse «circonstance» et les meilleurs parmi eux ont été récompensés par M. Abbès Mohsen, le maire de Tunis, qui était entouré d’une foule de son staff. Nous avons notamment vu Najet Fakhfakh du bureau du conseil culturel qui s’affairait dans tous les sens, dès le commencement de cette manifestation vieille aujourd’hui de cinq ans. Abdessattar Amamou, notre historien national, était aussi de la partie ainsi que d’autres gens de la mairie. La première matière de ces artistes plasticiens, c’est certes le sable transporté des plages de Gammarth et les eaux marines de la Goulette (car il faut bien de l’eau de mer sinon le sable s’effrite et ne tiendra pas). Mais leur matière grise, c’est autre chose. C’est sans aucun doute, la sensibilité et le talent Et nos artistes n’ont pas manqué de créativité. Au total : neuf jeunes artistes confirmés se sont bousculés dans un carré de mouchoir réservé dans l’allée piétonne de l’avenue Habib Bourguiba où l’on a posé quelques jeux géants, toboggan et piscines démontables et en plastique pour les petits. A partir d’un brin de leur imaginaire inventif, ils ont construit des uvres devant tout le monde et en quelque trois heures fixées par les responsables de la mairie. Des uvres de même pas un jour car sitôt terminées sitôt démolies. Dommage ! Les quelques passants chanceux qui s’y trouvaient peut-être par hasard à ce moment-là ont dû certainement apprécier le boulot. Le reste, s’il veut, peut l’apprécier sur photos. Car, quelques-uns des photographes de la place ont sauté sur l’occasion pour en tirer des souvenirs et des clichés. Quelque chose de bon, beau et utile que gardera soigneusement la municipalité dans ses archives en guise de témoignage de bon augure.
Il y a eu des artistes qui ont opté pour la fontaine du 7 Novembre. Avec sa piscine d’eau animée avec des tuyaux transparents. Les autres ont pétri leur ciment de sable et ont mis en forme le building de la Bonbonnière, celui de la porte de Bab El Khadhra et autre statue du légendaire sociologue de Tunis, Ibn Khaldoun, mise en forme par le maître de la sculpture, Zoubeïr Turki. Ce n’est pas mal ce qu’ont fait les artistes de Tunis en si peu de temps. S’agissant surtout d’une première chez nous.
Pour les appréciations, il y a eu bien sûr des membres de jury. Ce sont les Souâd Mahbouli, directrice du musée de Tunis, Mongi Maâtoug, président de l’Union des Artistes Plasticiens tunisiens, M. Mohamed Kraiem de la municipalité de Tunis, notre collègue Amani Boulaârès de la Radio nationale, M. Rafik Ouelhezi premier responsable de l’arrondissement de Bab Bhar et d’autres journalistes culturels. Ces derniers ont eu leur propre regard avant de délibérer et rendre public le nom des meilleurs artistes du jour. Par ordre de mérite, il y a eu - et la majorité ce sont des filles -ceux qui sont rentrés avec des billets d’avion pour le Maroc et d’autres avec des téléphones portables offerts par Tunisie Télécom.
19 heures, c’est «circulez, il n’ y a plus rien à voir !». On démonte tout de la place. Les «châteaux de sable» aussi ont vite disparu. Tout comme le beau monde tout autour qui s’est dispersé dans la nature. Et tout est fini en attendant la sixième édition qui aura lieu en 2009. D’ici là, il y aura des choses à faire. Bien faire, car ça va être en pleine campagne électorale et ça nécessite beaucoup plus d’efforts et un budget conséquent.
Cette initiative artistique qui a coloré Tunis le cinquième dimanche d’août avec ces trucs en sable, mais qui représentent bien le charme de chez nous, d’aujourd’hui et de jadis, n’arrive pas donc tous les ans. Tous les ans, lors des autres sessions, il y a eu quatre dimanches sans voitures et animés avec des DJ, des chants et des musiques d’ici et d’ailleurs. C’est ainsi que Tunis a chanté et a dansé à ciel ouvert. Et avec le thème des installations avec du sable, proposé par la mairie, l’été 2008 s’est terminé sur une bonne et douce note. Et c’est tant mieux ainsi. Car, les Tunisois et Tunisoises et autres aoûtiens, endimanchés et passants par l’artère principale de notre capitale, ont certainement apprécié le programme d’animation qu’a assuré la mairie de Tunis, appuyée par Boga, son mécène habituel pour les quatre dimanches et Télécom pour le cinquième de la clôture. Quatre dimanches sans voitures, sans pollution. On respire enfin le bon oxygène ! Quatre dimanches enchantés. Quatre seulement, hélas ! Les citoyens et contribuables en veulent un peu plus. Pourquoi pas à l’année et instaurer d’autres traditions qui respectent la nature et l’environnement. L’environnement, un sujet de grand intérêt et surtout à ne pas négliger. A bon entendeur ! Merci.
Zohra ABID

