Au-delà de la visite de Sarkozy : La Syrie regarde vers Washington
Le Quotidien Agences
La visite aujourd’hui et demain du président français Nicolas Sarkozy à Damas va confirmer la fin de l’isolement diplomatique de la Syrie, mais celle-ci y voit surtout un tremplin pour reprendre contact avec Washington, estiment des analystes.
Cette première visite d’un chef d’Etat occidental depuis 5 ans “est avant tout symbolique”, affirme Andrew Tabler, un expert sur la Syrie et journaliste au magazine mensuel basé à Damas “Syria Today”.
“Elle signifie que, pour la Syrie, l’isolement international est fini”, dit-il. “Mais, en réalité, c’est une occasion pour Damas d’améliorer sa relation avec Washington”, qui l’a inscrit sur la liste des Etats soutenant le terrorisme et qui lui demande de changer d’”attitude”.
“Pour la Syrie, la France est la porte qui mène aux Etats-Unis”, assure l’expert.
Les relations entre les Etats-Unis et la France d’une part, et la Syrie d’autre part sont tendues notamment depuis l’assassinat début 2005 du dirigeant libanais Rafic Hariri, imputé aux services secrets syriens.
Washington avait rappelé son ambassadeur à Damas quelques semaines plus tard, sans toutefois rompre les relations, alors que l’ancien président français Jacques Chirac, ami de Hariri, avait décidé le gel des relations de haut niveau.
Les tensions ont été ravivées avec les Etats-Unis par le soutien de Damas au Hezbollah chiite libanais, son rôle présumé dans l’infiltration de combattants étrangers vers l’Irak voisin et son alliance avec l’Iran, trois cartes majeures entre les mains de la Syrie.
A Damas, la visite du président français est perçue comme une “victoire”.
“La Syrie récolte les fruits de la période précédente. Sa patience a payé”, affirme Imad Sheaïby, président du Centre des données et des études stratégiques à Damas.
“Pendant toutes ces années, les Syriens n’ont cédé sur rien, ils n’ont accepté aucune condition imposée par Washington. Ils sont donc en position de force”, assure cet expert proche du pouvoir.
L’expert affirme lui aussi que la visite de Sarkozy va “favoriser” le contact entre Washington et le régime de Bachar al-Assad.

