«Awtar Tonik» : Dialogue des musiques et des peuples

Au menu de la soirée du 5 septembre, un grand concert signé par Riadh Fehri et une brochette d’artistes chevronnés des quatre coins de la planète. Dans le cadre de «Awtar Tonik», ils ont rêvé, travaillé, cherché et créé pour raconter l’existence humaine. Le résultat : 90 minutes de pur bonheur avec des couleurs de l’Occident, de l’Orient et même du pays du Soleil Levant.

 

Depuis quelques années, Riadh Fehri ne cesse d’avancer et d’occuper une place de choix non seulement sur la scène musicale nationale mais aussi internationale. Intelligent, l’oreille sensible, le cœur ouvert sur ce qui est beau dans le monde, Riadh Fehri a su, au fil des jours, créer et innover loin des sentiers battus et des moules musicaux archaïques. Grâce à de profondes connaissances musicales académiques et des expériences variées, cet artiste, qui adore l’aventure, a brillé avec des créations qui sortent du lot et qui rompent avec le consommé et le consumé. Dans cet esprit, «Le Minaret et la Tour», «Kantara» et «Vent 440» sont nés pour le plus grand bonheur des mélomanes et des férus des rencontres et des dialogues des musiques et des peuples.

«Awtar Tonik» tel est l’intitulé du nouveau-né de Riadh Fehri et qui sera présenté en avant-première, le 5 de ce mois, à l’amphithéâtre romain de Carthage. Un joli rendez-vous musical qui ponctuera l’une de nos soirées ramadanesques et baignera de notes gaies cet espace historique. «Cette nouvelle création se veut une rencontre entre l’Orient, l’Occident et, pour la première fois, on s’ouvre sur l’Asie. C’est une création dans laquelle on a voulu réconcilier tous les genres musicaux, les diverses expressions artistiques et les différents instruments. Une invitation à l’amour, à la tolérance, au dialogue, au partage… où la musique classique croise le rap et le slam, le dialecte tunisien avec la langue de Voltaire. C’est un grand moment que nous souhaitons partager avec le grand public… Nous proposons une musique qui émane du peuple et qui s’adresse à lui, loin de tous les préjugés et des classements socio-économiques», a expliqué Riadh Fehri, samedi, lors d’une conférence de presse. Et notre artiste n’a pas oublié, dans ce rendez-vous avec les représentants des médias, de remercier les sponsors qui ont contribué à la concrétisation de cette création et en particulier «Planet», le partenaire officiel, et les mécènes comme l’Institut Culturel Italien. «Ce dialogue entre l’artistique et le commercial est très important. A mon avis, il faut que les privés investissent plus dans le secteur culturel et nous sommes très content de ce partenariat qui nous a permis de donner le jour à ‘‘Awtar Tonik’’», a commenté Riadh Fehri avant de céder la parole à Mme Salima Ben Amara, la représentante de «Planet» qui a souligné pour sa part l’importance de s’impliquer dans ce genre de projets artistiques. «Les portes de cette entreprise resteront toujours ouvertes devant les artistes tunisiens dans tous les domaines sans exception», a insisté Mme.

 

Des artistes d’ici et d’ailleurs

Mais l’artiste Riadh Fehri n’a pas été seul lors de cette conférence de presse. L’artiste tunisien Hichem Rostom, la chanteuse japonaise Youshiko Takada et le jeune rappeur Majdi Smiri ont été au rendez-vous. «Ce que j’aime chez Riadh Fehri, c’est cette touche innovatrice qui ponctue ses créations musicales, ce souci d’établir un vrai dialogue et d’user de tous les arts. Avec «Awtar Tonik», le dialogue n’est pas uniquement entre les notes et les instruments mais aussi entre les expressions artistiques. Ce qui est important aussi est ce partenariat économique, car avec l’Etat qui se désengage et les privés qui n’ont pas pris la relève, la situation devient difficile. On espère voir d’autres entreprises prendre en charge des projets artistiques», a noté Hichem Rostom qui offrira au public, lors de ce rendez-vous du 5 septembre, un slam écrit et présenté dans le dialecte tunisien et qui traite de l’amour et de la haine, des rencontres et des douleurs, des peines de séparation et de l’éloignement.

Pour sa part, la japonaise Youshiko Takada défilant dans son joli kimono bleu a choisi de parler de sa contribution à sa façon. Il lui a fallu deux minutes pour mener, avec sa voix suave et ses grandes capacités vocales, l’assistance loin de cette salle de conférence. «Elle présentera dans cette création «La terre» et elle racontera avec sa voix ce qui se passe sur cette terre», nous a expliqué Riadh Fehri. Cette Japonaise ne sera pas la seule représentante du pays du Soleil Levant. Les deux artistes peintres Shino Watanabe et Hideyuki Ozawa, un habitué de la scène tunisienne qui aime qu’on l’appelle par un nom tunisien, Hédi, accompagneront les musiciens de leurs couleurs et de leurs traits qui émanent du cœur de la tradition artistique japonaise. A cette armada d’artistes de onze nationalités différentes, s’ajoute l’Orchestre de l’Armée Nationale qui sera présent avec 120 musiciens, et pour la première fois sur la scène de l’amphithéâtre romain de Carthage, pour offrir au public deux morceaux pleins de joie et de bonheur comme «Sidi Bou Saïd». Au menu de la soirée qui démarrera à 22h30, «Mystic travel», «Juanita», «Kantara», «Les nuits de Marrakech», «Fehri reel’s», «Pureté», «Tariq», «Larmes», «Sidi Bou Saïd», «Ifrikiya», «Hommage à…», «Mariage mixte», «Do Si» et «Sbika»… Un joli voyage dans le monde qui mis en bobine par le jeune réalisateur Wassel Saleh qui a choisi de suivre la genèse de cette création et de filmer le spectacle pour nous donner un documentaire qui raconte cette aventure.

 

Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com