Moscou: Le Président géorgien n’existe plus pour nous






Le président russe estime que le président géorgien "n'existe plus". Il a ajouté qu'il n'avait "pas peur d'une exclusion du G8" et que les Etats-Unis devraient "revoir" leurs relations avec la Géorgie.


 


Le Quotidien-Agences


Le président russe, Dmitri Medvedev, a déclaré lors d'une interview que la Russie ne considérait plus Mikheïl Saakachvili comme le président géorgien. Tbilissi a répondu en accusant le chef d'Etat russe de vouloir "renverser" la direction géorgienne. "Pour nous, le régime actuel géorgien a fait faillite. Le président Saakachvili n'existe plus pour nous. Il est un 'cadavre politique' ", a affirmé Dmitri Medvedev dans une interview à la chaîne de télévision italienne RAI.


Le président russe répondait à une question sur la participation éventuelle de la Russie à la conférence sur le Caucase prévue en novembre à Rome, à laquelle doit participer le président géorgien. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a confirmé fin août le souhait de l'Italie d'organiser une conférence sur le Caucase "pour une réflexion stratégique" sur les problèmes "politiques, économiques, humanitaires et de sécurité" de la région.


 


"Méthodes inacceptables"


C'est la première fois qu'un dirigeant russe tient des propos aussi durs à l'encontre du chef d'Etat géorgien, qui est dans le collimateur de Moscou depuis le début du conflit entre les deux pays. A la mi-août, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait suggéré au président géorgien d'abandonner son mandat. "Monsieur Saakachvili ne peut plus être notre partenaire et ce serait mieux s'il partait", avait-il déclaré. Les propos du président russe à la télévision italienne ont aussitôt été fustigés à Tbilissi.


"Il est extrêmement regrettable que le dirigeant d'un grand pays utilise des méthodes inacceptables pour un monde civilisé dans ses efforts pour miner le gouvernement légitime géorgien", a affirmé le secrétaire du Conseil de sécurité géorgien, Alexandre Lomaïa.


 


Prêt à discuter


Par ailleurs, Dmitri Medvedev a appelé les Etats-Unis à "revoir" leurs relations avec Tbilissi considérant que l'Otan "perdrait plus" que Moscou à rompre ses relations avec la Russie.


Il a souligné que la Russie était prête à discuter avec la communauté internationale "de toutes sortes de questions, dont le règlement post-conflictuel dans la région" du Caucase.


"Mais nous voudrions que la communauté internationale se rappelle qui a commencé l'agression et qui est responsable de la mort des gens", a poursuivi le président russe, faisant référence à l'offensive militaire lancée le 8 août par la Géorgie dans sa république séparatiste d'Ossétie du Sud. L'opération a été contrée par une intervention massive de l'armée russe en territoire géorgien.

Dmitri Medvedev a assuré que Moscou ne craignait pas son exclusion du G8, réagissant à certaines déclarations appelant à une telle exclusion. "Les appels qui se font entendre, je les explique exclusivement par la technologie électorale américaine pour faire monter une cote de popularité sur fond de conflit", a déclaré Dmitri Medvedev, reprenant les propos de son premier ministre, Vladimir Poutine qui avait accusé Washington d'avoir tenté une opération électorale.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com