Marché central – sixième jour de Ramadan : Les poissons se font des ailes…






Le Marché central de Tunis n’a pas connu hier la grande affluence qui l’a caractérisé au début de ramadan. Le pavillon des poissons qui était bien garni, a été très fréquenté. Toutefois, les prix proposés étaient assez élevés pour faire fuir des acheteurs affaiblis par six jours de jeûne…et de dépenses démesurées. 


 


Tunis-Le Quotidien


C’est le samedi. Ramadan boucle déjà sa première semaine. Six jours de jeûne sont passés sans trop de bruit. Hier vers 10 heures moins le quart, les fonctionnaires étaient dans leurs bureaux depuis 45 minutes. Si, bien sûr, le nouvel horaire de ramadan est bien respecté.  Dehors l’animation des rues du centre ville reste peu bruyante.


Exceptées les artères et les places marchandes de la Capitale, réputées pour leur dynamique commerciale, notamment les rues Charles de Gaulle, Jamel Abdennaceur, et celle d’Espagne  dans lesquelles l’ambiance ramadanèsque s’installe dès le lever du jour. Voulant profiter de la petite fraîcheur matinale qui vient après une longue nuit caniculaire et éviter le soleil accablant de midi, des dizaines de personnes se groupaient en de petites foules devant les étalages des épiciers et des marchands ambulants. Il y est facile d’identifier des ménagères et des hommes retraités, munis de couffins en plus de certains qui semblent habitués de quitter les bureaux pour faire l’incontournable  tournée matinale du marché central. Comparé au début de la semaine lorsque les marchés ont été envahis par une marée humaine poussée  par une étonnante hystérie d’achat, l’ambiance était hier plutôt calme au marché central de Tunis annonçant du même coup une accalmie aisément perceptible dans le comportement des acheteurs.   


Ces derniers, qui semblent renoncer aux bousculades, restent cependant sceptiques vis-à-vis des prix de certaines marchandises exposées sur les étalages du marché. En accédant au pavillon des poissonniers, il était facile, hier matin, de constater l’offre abondante et variée de poissons et de crustacés. Mais cette bonne impression n’a duré qu’un petit moment. Nombreux étaient ceux qui s’attardaient devant les étalages. Le temps de visionner la marchandise. Voir quelle catégorie pourrait servir pour le plat du jour, et voilà que le prix affiché sur les petites plaques en bois est trop élevé pour s’offrir quelques poissons. Pourtant, plusieurs personnes se bousculaient devant un des étals. Curieux, en s’approchant de la foule nous avons compris qu’il s’agit d’un marchand réputé pour la qualité et la fraîcheur de ses poissons. Les prix ? C’est une autre histoire. Une histoire bizarre en fait : devant les regards attentifs des clients, le marchand écrivait les prix sur des bouts d’ardoises scolaires qu’il tenait à la main avant de les mettre sur chacune des catégories de poissons mélangé à la glace. Salem Ammar, la cinquantaine, père de famille semblait attendre que le prix de rouget soit affiché pour faire un demi-tour et continuer son chemin. « Je n’ai rien compris à ce qu’il venait de faire (NDLR : le marchand) », dit-t-il. «A-t-il droit de fixer les prix à sa guise comme il l’a fait maintenant ? Personne ne sait. Le consommateur ignore si les prix des poissons sont libéralisés ou pas. Si oui pourquoi ne pas le dire. Si non où est le contrôle pour protéger les gens de ces outrances ? » Martelait-t-il.


En effet, ce qui tend à attiser davantage le scepticisme des consommateurs dans ce pavillon de poisson, c’est la manière par laquelle les vendeurs fixent les prix. « Venez le matin et vous verrez un prix qui ne sera pas le même à 10 heures. Si vous revenez l’après-midi, vous tomberez sur un prix différent. C’est le flou total ! », souligne Salem avant d’affirmer qu’il est de plus en plus convaincu que seul la viande de poulet convenait à son budget.


Toujours dans ce marché de poissons, Hédi Nouiri estime que les prix s’envolent pour devenir inaccessibles. Pensant aux petites bourses auxquelles il semble appartenir, il dit : «Il ne nous reste que les sardines qui  avec 1d400 le kilo restent populaires. Pour le reste, seuls les gens aisés peuvent débourser 15 et 20 dinars pour se payer quelques poissons ».


Les vendeurs, eux, semblent plus ou moins satisfaits des prix. Habib Sbabti est l’un des anciens poissonniers installés dans cet endroit, il considère que le client doit connaître les rouages du marché pour devenir capable de situer le prix des poissons et en choisir le bon. «Souvent les gens se montrent trop prudents lorsqu’ils achètent. Beaucoup craignent de se faire vendre de poissons d’élevage qu’ils n’aiment pas. Pourtant il existe bien des poissons d’aquaculture qui sont bons. « Ces types de poissons ne sont encore entrés dans les traditions des Tunisiens car ils nécessitent une technique de cuisson qui est spécifique ». Mais pourquoi ne pas mettre au courant le consommateur de la provenance des poissons vendus sur le marché ? «Aucun vendeur n’acceptera ceci », tranche notre interlocuteur. Il justifie son avis par le fait que les consommateurs boycotteront celui qui vend le poisson d’élevage.


Revenons aux prix des poissons proposés hier au marché central de la capitale. Dans ce même chapitre, il est important de mettre l’accent sur l’affichage de la mercuriale de la journée qui n’existe pas. Cette absence ne reflète pas le principe de la transparence commerciale vis-à-vis du consommateur. En espérant que les services municipaux chargés du sujet remédient  à cette lacune, les prix demeurent affichés sur les petites plaques utilisées par les poissonniers. Etant instables, les prix que nous avions prélevés à 10 heures concernent le calamar, proposé à 16 dinars le kilo.  Le rouget à 9d, 800, idem pour la chevrette. Daurade à 15d800. Les sardines  demeurent plus ou moins à la portée puisqu’elles sont accessibles à partir de 1 dinar le kilo.


 


H.GHEDIRI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com