Rachid Ghanem, membre du conseil national du MDS au «Quotidien»: «Retournons aux méthodes démocratiques pour lesquelles le mouvement a été créé»






Rachid Ghanem, membre du Conseil National du MDS, membre du Conseil municipal de la ville de Tunis et ancien député, nous livre une analyse, à tête reposée et en toute franchise, des résultats du dernier congrès de son mouvement. Un congrès qui a suscité beaucoup de réactions.


 


* Le dernier congrès du MDS a suscité des réactions diverses en raison du consensus adopté à la place des élections libres et démocratiques. Quelle est votre analyse à ce sujet ?


Le 8e congrès de notre mouvement a eu lieu après le congrès de la réconciliation en 2004 qui a constitué une étape marquée par la cohésion. Le congrès de 2008 intervient à un moment où le mouvement vit de profondes querelles et divergences entre ses adhérents. Il est malheureux de dire que les membres du mouvement n’avaient pas pu dépasser les querelles basées sur des allégeances et non sur des divergences d’approches politiques. Les symboles de ces divergences étaient déterminés à faire perdurer le statu quo, ce qui a conduit à la situation que nous connaissons tous.


 


* Comment voyez-vous les prochains développements de la question au vu de cette situation ?


 Je dois noter d’abord que certains affirment que l’entente a conduit à l’adoption de mesures qui ont abouti à la constitution du Conseil National. Mon approche personnelle est différente.


Le Conseil National est composé avec l’unanimité de tous car il a été fait d’une manière consensuelle et démocratique. Ce qui a permis l’augmentation du nombre des membres du conseil. Il n’y a pas eu de problème à ce propos. J’estime, par ailleurs, que la manière dont le bureau politique a été composé est très grave. Cette manière était contraire aux dispositions du règlement intérieur du mouvement. Le Conseil National s’était réuni sans l’élection d’un bureau du conseil. Il a été présidé d’une manière illégale par des membres qui ont perdu leurs statuts à ce moment précis. Légalement, et selon les dispositions en vigueur après la dernière réunion du congrès, le président et le bureau politique du mouvement perdent leurs prérogatives en attendant les élections. C’est le bureau du congrès qui assure la relève. Sa mission se termine avec la fin du congrès et la proclamation de la composition du Conseil National. C’est ce dernier qui aura la mission d’organiser l’élection du bureau du conseil et les différentes structures du mouvement.


 


* Comment voyez vous l’avenir du mouvement après la tenue du congrès dans les conditions dont vous venez de parler ?


Nous avons besoin d’un mouvement fort afin que nous puissions contribuer à la promotion de la vie politique en Tunisie. Je pense qu’il est primordial de colmater la brèche qui risquerait d’être fatale pour le mouvement. Nous sommes plus que jamais appelés à retourner aux méthodes démocratiques pour lesquelles le mouvement a été créé. Le Conseil National doit être composé selon les dispositions qui régissent les activités du mouvement afin que nous puissions élire le SG et toutes les structures de commandement. La manière dont s’est déroulé le congrès et les élections constituaient la risée de tous en raison notamment du grand nombre des membres du bureau politique du bureau précédent (26). Nous ne sommes pas parvenus à nous débarrasser des symboles des divergences. Les uns ont peur des autres. Certains veulent préserver un certain équilibre qui leur permette de garder leurs places dans le mouvement et ce afin qu’ils puissent saisir toute opportunité de prendre le commandement et aussi se placer en bonne position pour les élections législatives.


 


* Vous avez vécu toutes les échéances du mouvement puisque vous êtes parmi les membres qui ont côtoyé les fondateurs du MDS. Si vous établissiez une comparaison sur l’évolution du mouvement depuis sa création jusqu’à nos jours ?


Si je compare le congrès constitutif du mouvement à ce 8e congrès, je dirais tout simplement que la différence est énorme. Les divergences existaient avant, mais cela n’a pas empêché la transparence. M. Ahmed Mestiri a reçu le commandement du mouvement par la voie des urnes. Nous avons intérêt à suivre le bon exemple pour la pérennité du mouvement.


 

Entretien réalisé par Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com