Exposition: Safari au cœur du patrimoine






A la Maison de la Culture Ibn Rachiq, le programme ramadanesque n’est pas uniquement musical ou théâtral. En effet, l’espace abrite actuellement une superbe exposition du peintre Abdennebi Mohsen Seddik. Ses toiles sont une invitation à un voyage dans le patrimoine et la vie les hommes de la Tunisie profonde.


 


Depuis sa prime jeunesse, l’artiste a été marqué par son environnement culturel et social. Les images des vestiges romains, des ksours, des ruelles tortueuses de la Médina ainsi que des bédouins qui se rendaient à Sousse à dos de dromadaires n’ont cessé de trotter dans sa tête depuis sa prime jeunesse. Au fil des années, ces souvenirs ont forgé sa personnalité artistique. Et ses tableaux, qui ont fait le tour de nombreux espaces, ont adopté une approche spécifique, celle visant à immortaliser ces souvenirs et surtout ce paysage inédit du monde d’antan. L’exposition qu’abrite actuellement la Maison de la Culture Ibn Rachiq vient ainsi dévoiler toute la démarche de cet artiste à double casquette puisqu’il est aussi professeur d’Education physique. Dans ses 47 tableaux de différents formats, Abdennebi Mohsen Seddik, qui a vécu une bonne partie de sa jeunesse dans la banlieue de Sousse, a tenté de ressusciter ses souvenirs tant sur la vie des hommes du rif, des ksours, que des monuments et des médinas entre autres. En choisissant pour cette exposition «Harmonie» comme titre, il a voulu créer une forme d’agencements entre les différents éléments peints dans ses toiles. Pour mieux expliciter sa démarche, le peintre effectue en effet un véritable tableau descriptif sur le patrimoine et le paysage des cités anciennes. Dans ses œuvres, on peut facilement déceler des endroits comme le souk des dromadaires de Douz, la Vie dans les ksours, des ruelles tortueuses des Médinas de Tunis et de Kairouan, entre autres. Afin de mettre en exergue sa vision sur ce paysage d’antan et la démarche qu’il a adoptée, il a opté pour des couleurs du Sahara et, en second lieu, pour les couleurs froides. Mais à contempler de très prés les œuvres de l’artiste, on sent qu’il reste particulièrement marqué par le paysage dans lequel il a vécu durant son enfance. Ainsi, il revivifie de nombreuses situations, mais également d’autres éléments du patrimoine qui restent encore méconnus. C’est, selon l’artiste, une façon de promouvoir certains compartiments de la tradition tunisienne peu connus encore. Le «repos aux Ksours», «le Monument», «Le Marabout», «Du côté de Kairouan», «Vers le Marché», «La Porte de la Médina», «Caravane», sont autant d’œuvres qui immortalisent tous les coins et recoins des différentes médinas. Cependant, ce qui fascine surtout dans ses œuvres, c’est l’ambiance dans les souks. Une fois devant certaines toiles, on peut voir des bédouins former des attroupements autour des dromadaires, dans les souks ou à la devanture des boutiques. D’autres aspects, à l’instar de la nature morte et l’art de la poterie, ont été également mis en exergue. On peut également voir sur d’autres toiles certains symboles saillants du patrimoine tunisien telles les portes de Sidi Bou Saïd, la Rue du Pacha. Bref, les œuvres de Abdennebi Mohsen Seddik sont une invitation à une contemplation sur les richesses du patrimoine tunisien et sur l’ambiance d’antan dans la banlieue de Sousse.


 

Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com