Pakistan : Le nouveau président prête serment dans un pays en plein chaos






Le Quotidien-Agences


Asif Ali Zardari, nouveau président du Pakistan au profil très controversé, a prêté serment hier au moment où la violence s'intensifie et sous la pression des Etats-Unis qui multiplient les attaques meurtrières visant Al-Qaïda et les talibans dans le nord-ouest.


Le veuf de Benazir Bhutto, assassinée fin décembre, est ainsi devenu, pour cinq ans, le 14e président de cette République islamique seule puissance militaire nucléaire du monde musulman. Il succède à l'ancien général Pervez Musharraf, poussé à la démission il y a trois semaines par la nouvelle coalition issue des législatives du 18 février.


Ce personnage est très controversé et relativement impopulaire dans son pays, où il est souvent désigné par le sobriquet de "M. 10%" et demeure le symbole de la corruption sous les gouvernements de son épouse dans les années 1990, même si la justice a récemment abandonné opportunément toute poursuite.


Mais les défis qu'il va devoir relever semblent monumentaux. Zardari se hisse au sommet du pouvoir dans un pays en plein chaos économique, politique et militaire: les combats font rage entre l'armée et les proches d'Al-Qaïda dans les zones tribales du nord-ouest et ces derniers répliquent en intensifiant chaque jour une campagne sans précédent d'attentats suicide, qui ont déjà fait près de 1.200 morts en un an et deux mois.


Pire, Washington, dont le Pakistan est, depuis septembre 2001, un allié-clé dans sa "guerre contre le terrorisme", manifeste de plus en plus son impatience face à Islamabad, accusé de faiblesse dans les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan, où les Américains sont convaincus qu'Al-Qaïda concentre ses principales forces et les talibans afghans leurs bases arrières.


Il risque en outre d'être rapidement mis en difficulté sur le plan politique: sa coalition est extrêmement fragile et le gouvernement est à la merci de petits partis aux intérêts très divergents, des laïcs aux fondamentalistes musulmans en passant par des nationalistes régionaux.

Une partie d'entre eux attendent une position ferme face aux Etats-Unis, qui ont lancé depuis l'Afghanistan, il y a une semaine, leur première attaque au sol connue dans les zones tribales, tuant, selon Islamabad, au moins 15 civils.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com