Chassez le naturel…
L’Etat hébreu s’adonne souvent dans les Territoires palestiniens à des pratiques qui dépassent l’entendement. Des pratiques peu orthodoxes, politiquement s’entend, comme celles qui viennent d’être dénoncées par deux associations israéliennes de défense des droits de l’homme. Selon un rapport publié hier par B’Tselem et Hamoked, Israël tente, en effet, de forcer des Palestiniens originaires de la Bande de Gaza à y retourner.
Le rapport précise que depuis «novembre 1967, Israël exige des Palestiniens originaires de la Bande de Gaza vivant en Cisjordanie des permis spéciaux de séjour, faute de quoi ils seraient expulsés et transférés vers la Bande de gaza». Plusieurs milliers de Palestiniens ont été affectés par cette mesure inique et injustifiée qui dégage, à mille lieues à la ronde, les relents de l’épuration ethnique via une sournoise politique systématique de séparation des familles. Non content d’avoir bouté hors de leur terre des centaines de milliers de Palestiniens qui sont venus gonfler l’effectif pléthorique des réfugiés, l’Etat hébreu joue de plus en plus sur la division et la séparation afin d’empêcher la réunification des familles palestiniennes en Cisjordanie.
Point besoin d’un dessin pour saisir en fait les véritables desseins d’Israël, ses visées et ses intentions réelles, à savoir faire le vide pour occuper par la suite plus facilement de nouvelles terres palestiniennes le moment venu. La colonisation israélienne a ainsi de beaux jours. Décriée et stigmatisée, car elle constitue un obstacle majeur à toute velléité de paix, elle est en fait érigée en système bien huilé et trouve toujours grâce auprès de tous les gouvernants israéliens quelle que soit leur mouvance politique.
Ce qui était valable hier, l’est aussi aujourd’hui et le sera certainement demain.
La preuve, même après la conférence d’Annapolis au cours de laquelle les Israéliens s’étaient fermement engagés à relancer les négociations de paix, la colonisation a continué de plus belle, au mépris du bon sens et des accords signés.
Les vieux réflexes ont décidément la peau dure et la perception israélienne de la paix n’a pas changé, visiblement, d’un iota. Malgré les fausses apparences, il semble que les gouvernants israéliens considèrent toujours, la paix comme une équation à plusieurs inconnues mais dont le résultat serait éternellement zéro.
Et c’est là que le bât blesse et où réside le véritable danger. Car, ghettoisés, affamés, réprimés et traités comme des étrangers sur leur propre terre, les Palestiniens, dos au mur, n’auront pas beaucoup d’alternatives pour recouvrer leur liberté et leurs droits spoliés…
Chokri BACCOUCHE

