Pour «délit de faciès»: Un boxeur d’origine tunisienne conduit American Airlines devant la justice






Entre le boxeur français d’origine tunisienne Mohamed Dridi et American Airlines, la bataille continue. Le quadruple champion du monde de kick boxing avait assigné en mars dernier la compagnie américaine pour discrimination, après le refus de la compagnie de le laisser embarquer pour Miami, où il devait boxer.


 


Le Quotidien — Agences


Depuis, une médiation était en cours entre la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) et American Airlines. Elle a échoué. Résultat : le boxeur et la compagnie retournent devant la justice.


Les faits remontent au 22 août 2007. "Momo" Dridi est attendu en Floride pour disputer un titre mondial. Ce gala doit marquer son retour sur les rings. Sa carrière au cinéma n'ayant pas eu le succès qu'il espérait, il a besoin d'argent.


Il embarque à Marseille, et fait une escale à Madrid. Dans l'aéroport espagnol, la compagnie américaine lui refuse l'enregistrement. Motif : son passeport n'est pas conforme à la réglementation en vigueur. "Mon passeport était valable. Je venais de le faire refaire, justement pour ne pas avoir de problèmes", explique Momo Dridi. Un passeport à lecture optique, qui ne nécessite pas de visa.


Mais le boxeur obtempère et parvient alors, via le consulat de France, à obtenir un nouveau passeport d'urgence pour le lendemain. Il dépense 135 dollars pour pouvoir modifier son billet. Mais une fois encore, la compagnie lui refuse l'embarquement.


 


Soutenu par Bernard Laporte


"C'est la même personne qui m'a empêché de monter à bord. Je suis pourtant allé jusqu'à lui montrer l'affiche du combat, avec mon nom dessus. Mais il m'a fait descendre au sous-sol, m'a demandé de me déshabiller et de m'accroupir. J'ai cru que j'étais en garde à vue", se souvient Mohammed Dridi.


Délit de faciès ? Toujours est-il que le boxeur peut finalement embarquer avec son passeport, en empruntant un vol Iberia. Mais il arrive trop tard à Miami pour combattre. Fou de rage, le boxeur fait alors appel à Bernard Laporte, secrétaire d'État aux Sports, qui prend fait et cause pour lui. Dans une lettre datée du 17 mars 2008, le ministre se dit "particulièrement affecté" par la mésaventure du champion, et l'assure de son "soutien" et de sa "compréhension".


Bernard Laporte saisit alors la Halde, et une médiation avec la compagnie américaine est engagée. "Tout le monde semblait s'orienter vers une issue à l'amiable", glisse l'avocat de Mohamed Dridi, maître Portejoie.


Mais il y a quelques jours, American Airlines décide à la surprise générale de se retirer de la table des négociations. "Nous avons montré à la Halde que le dossier de M. Dridi n'est pas un dossier lié à la discrimination, mais aux documents de voyage. On ne dit pas que son passeport n'était pas valable, on dit qu'il n'avait pas de visa", explique maître Pradon, avocat d'American Airlines.


Pourtant, Mohamed Dridi a pu embarquer avec Iberia et entrer sur le sol américain grâce au passeport d'urgence qui lui a été délivré par le consulat de France à Madrid.


Ce passeport d'urgence permet "l'entrée aux États-Unis sans visa dans le cadre du Visa Waiver Program, à condition qu'il soit à lecture optique", précise l'attestation. Ce qui était le cas du passeport de Momo Dridi.

Désormais, le dossier est entre les mains de la justice. Mohamed Dridi réclame 337.792,95 euros de dommages et intérêts à American Airlines.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com