Festival de la musique spirituelle: Un ballet d’ici et d’ailleurs






L’Association des supporters à la Création musicale (ASCM) a mis (enfin) noir sur blanc le programme de son 4e  festival qui aura lieu du 16 au 23 septembre 2008 à l’Acropolium de Carthage (surprise !). Quant au menu : c’est une mise en bouche pour un Ramadan assez parfumé.


 


Pour cette année, il y a une petite corbeille de changements à relever dans les airs de ce festival. Première remarque et c’est la plus importante : c’est qu’il a changé d’orientation et s’est déplacé en bloc à l’Acropolium de Carthage. Où il y a eu, l’an dernier, la clôture de la troisième édition en présence d’une foule impressionnante. Ce mini festival, on le sait, a vu le jour à Bir Lahjar. L’espace doté d’une architecture arabo-musulmane va comme un gant avec la musique spirituelle proposée par les membres de l’association, mais on sentait que quelque chose n’allait pas pour que tout vole plus haut. Et le festival ne manque vraiment de rien pour plus d’aura. Lors de sa deuxième session, on a vu ce même festival se déplacer, en partie, en dehors de l’enceinte de la vieille ville pour d’autres espaces. Sans qu’il ne tourne entièrement le dos à la medersa de Bir Lahjar, la  troisième édition s’est déroulée, comme la précédente, un peu dans l’ancienne ville et un peu au centre de Tunis (au Théâtre Noureddine Kasbaoui de la rue de Grèce). Mais pour ce quatrième rendez-vous, on a l’impression qu’il y a eu un changement d’adresse. Le festival s’est définitivement retiré de la Médina, son lieu de naissance, et il s’est tourné vers les hauteurs de Carthage. Nous lui souhaitons bon démarrage du bon pied et que les locataires de l’Acropolium trouvent leurs bons comptes et couvrent enfin leur petite ardoise de frais. Car un festival bien fait, qui plus est privé, n’est pas rien et c’est lourd à porter et à gérer. Il doit coûter les yeux de la tête et nécessite beaucoup d’investissements. Ce festival «organisé par la société civile et non financé par les deniers publics», d’après la note de presse faxée le 9 septembre 2008, arrive bon an, mal an à s’en sortir. Mais ce n’est pas encore ça, vu la facture de son programme minutieusement concocté par le Dr M’Raïhi (président de l’ASCM) et compagnie.


L’autre remarque : il n’y a pas eu cette année de conférence de presse  pour annoncer les couleurs de cette session et pour expliquer (surtout) les raisons de ce changement de domicile. Du côté de la direction du festival, on s’est contenté d’envoyer aux journalistes le programme par fax. Là aussi, il y a quelque chose qui ne tourne pas vraiment rond. Car les journalistes, qui ont souvent soutenu ce festival, auraient aimé parler de vive voix avec les responsables de l’ASCM et trouver des réponses à leur batterie de questions. Il n’empêche que d’après le fax reçu, une semaine avant la soirée inaugurale de cette édition, il y a une palette de musique qui se défend assez bien. De chez nous, on a notamment pensé à la Troupe Founoun de Musique arabe (le 16 septembre), Ahmed Jelmène (le lendemain), Karim Melliti partagera la soirée du 18 avec l’Egyptien Cheikh Abdelhalim Machhour, Hatem Ferchichi et son ensemble égayeront le lundi 22 septembre et le must est réservé pour la clôture avec du pur son tunisien où le Stambali de Sidi Lasmar colorera le dernier soir du festival.


Pour le bouquet étranger, M’Raïhi a pensé à d’autres voix qui viendront d’ailleurs. Comme Miço Kendes du Kurdistan (le vendredi 19). Zabit Nabizade de l’Azerbaïdjan donnera son récital le samedi 20 septembre et la cerise sur le gâteau sera signée le dimanche 21 par Darya Dadver de l’Iran.


Ce n’est pas mal comme menu ! Pourvu que le public réponde à l’invitation et se déplace jusqu’à Carthage. Où, à un vol d’oiseau, se passe une autre manifestation. D’un côté, l’amphithéâtre romain s’est pris une rallonge festive et continue d’accueillir des concerts. Un peu plus loin, et à seulement un jet de pierre, Mûsîqât à quelques jours de décalage, résonne de toutes les notes à Sidi Bou. Là aussi, il y a du traditionnel et du spirituel. Mourad Sakli, le directeur d’Ennejma Ezzahra, y a pensé avec art et savoir. Mais il a aussi pensé à un bus à la disposition des journalistes qui souhaitent couvrir l’événement. Pour cela, M’Raïhi n’y a apparemment pas pensé. En tout cas, rien n’a été dans ce sens signalé sur le fax pour faciliter le déplacement et la tâche de nos journalistes. Car pour ces derniers, ce n’est pas évident et le déplacement leur cause problème. Bons spectacles et bonne écoute !  


 

Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com