Nouvelle culture de consommation

L’approvisionnement du marché durant le mois saint de Ramadan se passe, jusque-là, dans des conditions optimales. Pratiquement tous les produits, particulièrement les plus prisés par le consommateur, sont disponibles en quantités suffisantes, si bien que rien n’est venu altérer le bon déroulement de cet événement éminemment spirituel et hautement religieux. Les situations de pénurie, qui ont touché certains produits à pareille période il y a quelques années, ne sont plus que de mauvais souvenirs. De même que la spéculation n’a pas eu, cette année, droit de cité et c’est le plus normalement du monde d’ailleurs que les consommateurs ont eu droit à des prix plutôt sages et raisonnables dans l’ensemble. A l’exception peut-être du poisson dont les tarifs restent relativement élevés, tous les autres produits sont globalement accessibles à toutes les bourses. D’une manière générale, les flambées de prix, à quelques très rares exceptions près, n’ont pas été au rendez-vous cette année et c’est tant mieux. Cette embellie a été rendue possible notamment grâce à l’absence de la fièvre acheteuse qui s’empare généralement du consommateur à pareille occasion. Nos ménages semblent avoir fait preuve cette année d’une retenue de bon aloi en consacrant la modération. Ils ont ainsi contribué, de manière directe, à asseoir un meilleur équilibre du marché et éviter ainsi une surchauffe préjudiciable pour tout le monde.

Quand bien même la concomitance de la rentrée scolaire ne serait pas étrangère à cet état de fait, tout laisse à croire que le Tunisien adopte de plus en plus une nouvelle culture prônant une consommation pondérée et rationnelle.

Il est à espérer qu’il ne s’agit point d’une simple “concession” de circonstance mais bel et bien d’une nouvelle habitude bien installée dans la durée.

Le renchérissement des prix des matières premières et des produits alimentaires, céréaliers notamment, est tel sur le marché international qu’il importe aujourd’hui que le consommateur tunisien adopte un comportement plus responsable qui tienne compte des aléas et des vicissitudes exogènes imposés par une conjoncture mondiale particulièrement difficile et instable. Le consommateur constitue en fait un acteur-clef dans la sphère économique. Sa responsabilité est directement engagée, car c’est de son bon comportement que dépend la concrétisation d’une part importante de nos objectifs de développement pour les années à venir.

 

Chokri Baccouche




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com