Israël-Palestine : Un règlement renvoyé aux calendes grecques !?






Verra-t-on un jour la fin du conflit israélo-palestinien ? Le peuple des «Jabbarine» verra-t-il un jour le bout du tunnel ? Ce tunnel dans lequel des événements indépendants de sa volonté l’ont plongé depuis une soixantaine d’années…


 


Qui se rappelle encore partout dans le monde de la conférence d’Annapolis sur le conflit israélo-palestinien ? Surtout que c’est le président d’un pays faiseur de pluie et de beau temps qui s’était décarcassé en personne pour la mettre sur pied. C’était d’autant plus réconfortant que, jusque-là, le président Bush n’avait pas fait le moindre effort pour contribuer au règlement de ce conflit. Bien au contraire: il avait laissé la bride sur le cou d’Israël. Ce dont, d’ailleurs, ne s’était pas privé l’Etat hébreu pour faire ce que bon lui semblait.


Qu’il est loin ce temps-là ! Du moins c’est l’impression générale qui prévaut aujourd’hui, notamment dans le monde arabe. Cette impression est d’autant plus pénible que la Conférence d’Annapolis avait été suivie peu de temps après par une autre réunion regroupant des bailleurs de fonds mobilisés en vue de venir en aide à l’économie palestinienne. De la théorie à la pratique en somme ! Un chemin qui portait à l’optimisme.


Le tour était bien ficelé.


Las. Morosité ambiante. De temps en temps, nous parvenait une rumeur qui redonnait espoir. Les milieux américains laissaient filtrer des informations selon lesquels l’on avait encore largement le temps, d’ici janvier prochain, d’arriver à une solution de paix, qui serait un titre de gloire pour le locataire de la Maison-Blanche. C’était suffisant pour maintenir vivace le petit vent d’optimisme qui soufflait de temps à autre.


Hélas ! Maintenant, il faut se rendre à l’évidence: les quelques mois qui nous séparent du départ Bush ne sont pas suffisants pour construire la paix. A peine pourra-t-on se prévaloir d’un accord de principe qui, comme tout ce genre d’accord, peut n’être qu’un vœu pieux.


 


Adieu Annapolis !


Ainsi, donc plus de six mois se sont écoulés depuis Annapolis. En pure perte. Un gâchis incommensurable.


Le résultat est désespérant: de simples réunions formelles entre d’une part un chef de l’Autorité palestinienne aux griffes savamment rognées par l’art qu’ont les Israéliens de faire de la moindre difficulté une montagne infranchissable et d’autre part, un Premier ministre israélien, déjà aussi mort cliniquement que ne l’est Sharon dans son lit d’hôpital. Autant dire le néant.


Pour une fois, Rice a eu un pseudo-accent de sincérité. Elle a déclaré récemment, lors de son énième visite dans la région, que les choses sont compliquées. Voulant dire par là adieu à Annapolis. De son côté, Mahmoud Abbès justifiait, non sans raison d’ailleurs, que ce retard, Israël en est à l’origine pour avoir systématiquement refusé d’aborder les problèmes cruciaux du conflit.


Selon le calendrier fixé par la Feuille de route comme par la conférence d’Annapolis, les négociations sur le statut définitif devraient aujourd’hui battre leur plein. A se demander si toutes ces accusations de corruption et de mauvaise gestion imputées à Ehud Olmert n'étaient pas une grande tragi-comédie montée afin de repousser la date-butoir fixée depuis le printemps dernier sur les tablettes de l’agenda. Car celui qui succédera à Olmert s’empressera d’effacer les maigres résultats obtenus par les Palestiniens pour repartir allégrement de zéro.


Et le cycle des exactions reprendra de plus belles, plus inique que jamais. La partie sera d’autant plus facile pour l’Etat hébreu que les Palestiniens semblent être décidés à la désunion et à la discorde.


Certes, de temps en temps, des organisations de droits de l’homme feront entendre des protestations sincères et enflammées mais cela ne durera que le temps d’un coup de vent.


En attendant que faire ?  Avant tout faire que la paix s’installe dans le cœur des Palestiniens avant qu’ils puissent jouir de la paix pour leur nation. Le monde arabe est appelé à y contribuer. Dans l’espoir que la nouvelle équipe qui s’installera à la Maison-Blanche prenne conscience du drame vécu par les Palestiniens.


 


Abdelmajid CHORFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com