Femmes exemplaires : Fatima Az-Zahra, la resplendissante (5)






Au milieu de la seconde année suivant la Hijra sa sœur Rouqayya tomba malade : Elle fut prise par la fièvre et la rougeole. Ce fut peu de temps avant la bataille de Badr. Othman — que Dieu l’agrée —, son mari, resta à ses côtés et manqua la bataille. Rouqayya mourut juste avant le retour de son père. De retour à Médine, une des premières choses qu’il fit fut de se rendre sur sa tombe. Fatima — que Dieu l’agrée — y alla avec lui. C’était la première perte qu’ils subirent au sein de leur proche famille depuis la mort de Khadija— que Dieu l’agrée —. Fatima — que Dieu l’agrée — fut énormément touchée par la mort de sa sœur. Les larmes coulèrent de ses yeux dès qu’elle s’assit à côté de son père sur le bord de la tombe, et il la consola et chercha à sécher ses larmes avec le coin de son manteau.Othman — que Dieu l’agrée — épousa plus tard l’autre fille du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, Oum Koulthoum (radhia Allahou anha), et de ce fait devint le Dhou Ennourayn  : l’homme aux deux lumières. La perte dont souffrit la famille avec la mort de Rouqayya (radhia Allahou anha) fut suivie par la joie quand, au grand plaisir de tous les croyants, Fatima — que Dieu l’agrée — donna naissance à un garçon au mois de Ramadan de la troisième année après l’hégire. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — prononça l’adhan dans l’oreille du nouveau-né et l’appela Al-Hassan, ce qui signifie le beau. Un an plus tard elle donna naissance à un autre garçon, qui fut appelé Al-Husseïn, ce qui signifie le petit Hassan ou ’le petit beau’. Fatima — que Dieu l’agrée — emmenait souvent ses deux fils voir leur grand-père qui les aimait excessivement. Plus tard il les emmenait à la Mosquée et ils grimpaient sur son dos quand il se prosternait. Il fit de même avec sa petite-fille, Oumama, la fille de Zaynab. Huit ans après l’hégire, Fatima — que Dieu l’agrée — donna naissance à un troisième enfant, une fille qu’elle nomma comme sa sœur aînée Zaynab, qui était décédée peu avant sa naissance. Cette Zaynab grandit et fut l’héroïne de Karbala. Le quatrième enfant de Fatima — que Dieu l’agrée — naquit l’année d’ensuite. L’enfant était aussi une fille et elle l’appela Oum Koulthoum comme sa sœur qui mourut l’année précédente d’une maladie. Ce fut seulement par la progéniture de Fatima — que Dieu l’agrée — que la descendance du Prophète — paix et bénédictions sur lui — fut perpétuée. Tous les enfants mâles du Prophète — paix et bénédictions sur lui — étaient morts en bas âge et les deux enfants de Zaynab — que Dieu l’agrée —, Alîet Oumama, moururent jeunes. L’enfant de Rouqayya, Abdallah, mourut aussi alors qu’il n’avait pas deux ans. Cela était une raison supplémentaire à l’admiration accordée par le Prophète — paix et bénédictions sur lui — pour Fatima— que Dieu l’agrée —. Bien que Fatima— que Dieu l’agrée — était souvent occupée avec les grossesses, les naissances, et l’éducation des enfants, elle prenait part autant qu’il lui était possible aux affaires de la communauté musulmane grandissante de Médine. Avant son mariage elle était une sorte d’hôtesse pour les pauvres et les démunis d’Ahl as-Suffah. Dès la fin de la bataille d'Ouhoud, elle vint avec d’autres femmes sur le champ de bataille, pleura les martyrs morts et prit le temps de panser les blessures de son père. Au cours de la bataille des tranchées, elle joua un rôle majeur de soutien avec d’autres femmes en préparant à manger durant le long et difficile siège. Dans son camp, elle menait la prière des femmes musulmanes et à cet endroit on construisit une mosquée appelée Masjid Fatima, une des sept mosquées où les musulmans étaient de garde et accomplissaient leurs adorations…


De retour de son pèlerinage d’adieu, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — tomba gravement malade. Il passa ses derniers jours dans l’appartement de sa femme Aïcha — que Dieu l’agrée —. Quand Fatima — que Dieu l’agrée — venait lui rendre visite, Aïcha (radhia Allahou anha) laissait le père et sa fille seuls ensemble. Un jour il appela Fatima— que Dieu l’agrée —... quand elle vint il l’embrassa et murmura quelques mots dans son oreille. Elle pleura. Alors il murmura à nouveau dans son oreille et elle sourit. Aïcha (radhia Allahou anha) vit cela et demanda : «tu pleures et tu ris en même temps Fatima — que Dieu l’agrée — ? Que t’a dit le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — ?»


«Il me dit d’abord qu’il allait rencontrer son Seigneur dans un court instant et j’ai pleuré». Il me dit alors : «Ne pleure pas tu seras la 1ère de ma maison à me rejoindre et là j’ai souri». Peu de temps après, le Noble Prophète — paix et bénédictions sur lui — décéda. Fatima — que Dieu l’agrée — était frappée de chagrin et on la vit souvent pleurer abondamment. Un des compagnons nota qu’il ne vit plus Fatima — que Dieu l’agrée — rire après la mort de son père.


Un matin, tôt, au cours du mois de Ramadan, 5 mois seulement après la mort du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, Fatima — que Dieu l’agrée — se réveilla semblant exceptionnellement heureuse et pleine de gaieté. L’après-midi, on rapporte qu’elle appela Salma Bent Oumays — que Dieu l’agrée — qui veillait sur elle. Elle demanda de l’eau et prit un bain. Elle mit alors de nouveaux habits et se parfuma. Elle demanda ensuite à Salma de mettre son lit dans la cour de la maison. Le visage tourné vers le ciel au-dessus, elle demanda son mari Ali— qu’Allah l’agrée et honore sa face. Il fut surpris de la voir étendue au milieu de la cour et lui demanda ce qui n’allait pas. Elle sourit et dit : «j’ai rendez-vous aujourd’hui avec le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui —». Ali — qu’Allah l’agrée et honore sa face — pleura et elle essaya de le consoler. Elle lui dit de prendre soin de ses fils Al-Hassan et Al-Husseïn et demanda à être enterrée sans cérémonie. Elle fixa à nouveau le ciel, puis ferma les yeux et rendit l’âme. Fatima — qu’Allah l’agrée — la resplendissante n’avait que 29 ans.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com