L’anticipation de demain !
Comment la Tunisie parvient-elle à donner le change alors que les temps sont difficiles et que la compétition fait rage ? La réponse est difficile, car une alchimie complexe se trouve toujours derrière le succès comme l’échec mais il y a quelques éléments qui peuvent nous éclairer sur la manière de gérer l’avenir.
Car préparer demain, anticiper les évolutions et les besoins qui en découlent, fourbir les armes qui nous aideront à conquérir notre place au soleil telle est la grande constante de la politique de la Tunisie, là où l’improvisation est l’ennemi mortel de l’Etat et où la préparation minutieuse, après avoir consulté tous ceux qui sont concernés, est sa raison d’être.
La Tunisie croit au travail des gens de science, toutes spécialités confondues, et à ce qu’il est capable d’apporter à sa vision des choses pour démêler l’inutile de l’enjeu qui en vaut la chandelle. La rencontre du Président Ben Ali avec le DG de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) en est le dernier témoignage en date. Elle nous rappelle que le Chef de l’Etat n’a pas cessé de commander des études sur tout ce qui touche au développement de notre pays au cours des deux décennies passées. Elle nous informe également sur son intérêt à recevoir le fruit des dernières études sur le secteur des céréales et sur l’investissement et la libéralisation du secteur des services dont il avait ordonné l’élaboration.
Comme on pouvait s’y attendre, le Chef de l’Etat a saisi l’occasion pour charger l’ITES d’une veille constante dans des secteurs vitaux pour l’avenir de la Tunisie comme l’énergie, les ressources hydrauliques et la sécurité alimentaire. Nous comprenons et nous partageons la conviction de cette observation attentive du marché, particulièrement dans le domaine de l’énergie où les dernières baisses des prix de brut (qui nous laissent encore très loin des niveaux normaux) ne sont qu’une accalmie conjoncturelle. Car les causes des hausses sans précédent ne se sont pas effacées d’un trait : la baisse des ressources planétaires, la difficulté d’extraction dans certains endroits de la planète et la vétusté d’équipement des autres, l’incapacité des moyens de transport de pétrole (pipelines, tankers ) à faire face à une demande sans cesse plus forte (en Amérique, en Europe et en Asie), la multiplication de la spéculation, les tensions géostratégiques (les bruits de plus en plus forts de menace d’attaque contre l’Iran avant qu’il ne devienne nucléaire), les ambitions des Russes qui voient en leurs réserves immenses d’hydrocarbures (surtout le gaz prisé par les Européens) une carte de pression et un atout de négociation
Tout ces mouvements liés à l’énergie sont à anticiper, à prévoir d’aussi près que possible, de la même manière que d’autres domaines aussi vitaux pour l’avenir de notre pays tels que les ressources hydrauliques et la sécurité alimentaire. N’entend-t-on pas de partout que la prochaine grande guerre sera une guerre de l’eau et pour en avoir le fin mot, la Tunisie ne lit pas dans une boule de cristal ou dans le marc de café, elle compte plutôt sur les approches scientifiques et minutieuses des études de ses experts.
C’est ainsi que les décisions se prennent en Tunisie et que s’élabore notre politique de développement. C’est ainsi que nous nous donnons toutes les chances de réagir comme il le faut devant les mutations et de continuer à donner le change à nos partenaires.
Manoubi AKROUT
manoubi.akrout@planet.tn

