Centres publics d’Internet: Les raisons d’une lente agonie…






Tassement des prix des forfaits ADSL, disponibilité de l’accès à Internet dans les établissements éducatifs et les entreprises, multiplication des espaces de loisirs offrant une connexion haut débit sans fil…A cents lieux du succès phénoménal qu’ils avaient rencontré jusqu’au début des années 2000, les centres publics d’Internet voient le nombre de leurs clients diminuer telle une peau de chagrin au fil des années. A telle enseigne que beaucoup d’entre-eux ont déjà mis la clef sous le paillasson.


 


Tunis-Le Quotidien


Les centres publics d’Internet tirent le diable par la queue. Ces espaces connus également sous l’appellation de publinets lancés en 1998 dans le cadre d’un programme ambitieux visant à généraliser l'accès à la Toile à travers tout le territoire tunisien, notamment dans les régions intérieures, et à créer des emplois pour les nouveaux diplômés universitaires sont de plus en plus désertés par les internautes. « « Nous constatons avec beaucoup d’amertume que le nombre de nos clients diminue d’un mois à l’autre. D’ores et déjà, beaucoup de confrères ont mis la clef sous la porte. D’autres se sont reconvertis dans la vente du matériel informatique ou de DVD », se désole Slah Bahri, gérant d’un publinet à Hammamet.


Le nombre des publinets n’a pas en effet cessé de diminuer depuis plus de cinq ans. Il est passé de 306 en 2002 à moins de 200 publinets répartis sur tout le territoire actuellement. Plusieurs facteurs expliquent cette situation peu envieuse.


Il s’agit essentiellement de  l’augmentation des abonnés  dans les foyers, les entreprises et les établissements éducatifs. Cette hausse  a été favorisée par la baisse continue des prix des forfaits sous l’effet de la multiplication de fournisseurs d’accès à Internet.


Autre facteur important: les espaces de loisirs proposant une connexion à Internet haut débit poussent comme des champignons à Tunis et au niveau de plusieurs régions côtières. Après les salons de thé et les cafés, plusieurs hôtels et restaurants commencent à s’y mettre. Dans ces endroits pour surfeurs en vadrouille, tout un chacun peut  accéder gratuitement, ou presque, à Internet


Etudiants sans abonnement, touristes étrangers ou fonctionnaires accros du web, ils sont de plus en plus nombreux à sortir de chez eux, l’ordinateur sous le bras, à la recherche d’un endroit «connecté », où l’on peut surfer tout en sirotant un café. «Bien qu’il soit encore à ses débuts, ce phénomène, encore à ses débuts, nous inquiète au plus haut niveau. Sa généralisation prévisible pourrait contraindre ce qui reste des publinets à mettre la clef sous la porte», s’inquiète M. Bahri. Et de renchérir : « les gérants des publinets sont aujourd’hui  plus que jamais acculés à passer la main ou être dans l’air du temps. Ils sont appelés à investir pour transformer leurs centres en cyber-salons de thé ou cybercafés pour  survivre».


 

W.K


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com