Le kidnapping d’Etat






On s’attendait à une attitude plus policée de la part d’une démocratie patentée, qui ne cesse de donner des leçons en la matière à ses voisins qu’elle qualifie d’arriérés. Se transformer en kidnappeur de responsables de pays souverains, voilà qui étonne de la part de ce pays qui se pare de toutes les vertus. Une sorte de gangstérisme à la vêture respectable que cette approche des choses !


Le ministre israélien des Retraités, Rafi Eitan, membre du cabinet de sécurité et ancien agent du Mossad, vient de proposer que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad soit enlevé pour être traduit devant la Cour internationale de la Haye.


Première remarque à faire: la ladite Cour avait-elle émis un tel vœu? Et si accusation il y a, a-t-elle le droit de l’adresser sur la base de simples propos et non sur la base de faits avérés (crimes contre l’humanité, génocide, etc). A moins, que Eitan n’ait eu recours à un mensonge pour se donner une crédibilité, une sorte de respectabilité, lui qui avait accompli dans le temps la capture d’un ancien chef nazi, Adolf Eichman. L’Occident s’était emparé de l’exploit pour en faire une légende, la légende d’un Israël non seulement invincible mais aussi disposant d’un bras capable d’atteindre n’importe quelle cible. Il avait en effet tiré Eichman du fin fond de l’Argentine.


Mais voilà !  Ahmadinejad n’est pas Eichman, bourreau nazi. Capturer le chef de l’Etat iranien n’est pas à la portée de n’importe qui. Et si la communauté internationale avait salué dans le temps la capture d’Eichman, elle ne pourrait plus le faire aujourd’hui parce que Israël ne dispose plus de ce capital de sympathie qui lui avait ouvert toutes les portes.  Au contraire, nombre de pays voient en cet Etat, une grande capacité de nuisance. Dans un sondage effectué l’année dernière, ne l’avait-on pas classé aux premiers rangs des pays qui menacent la paix dans le monde !


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* De Staline à Saakashvili


 


Sait-on que l’homme qui a bâti la puissance de l’Union soviétique, une union dont le cœur battant était la Russie autour de laquelle gravitaient toutes les autres démocraties populaires, cet homme n’était autre qu’un natif de la Géorgie. Joseph Djougachvili était le nom à la consonnance bien géorgienne d’un  dénommé Staline, homme d’acier. Un homme qui avait milité dans la socio-démocratie géorgienne à Tiflis avant de rejoindre les rangs des bolcheviques à Moscou.


Cet homme qui a pesé de tout son poids sur le cours de l’histoire et qui l’a infléchi dans le sens des intérêts de l’URSS et donc, ipso facto, de la Russie, est un Georgien pure souche. L’Empire soviétique lui doit beaucoup dans son essor ainsi que dans la victoire  sur l’Allemagne pendant la Deuxième guerre mondiale.   Sans l’armée rouge, les Alliés ne se seraient pas défaits  du péril nazi. La résistance farouche de la ville qui portait son nom, Stalingrad (aujourd’hui Volgograd), devant le raz-de-marée allemand a ouvert les portes devant l’avancée de l’Armée rouge vers Berlin. Et, par ricochet, celle des Alliés  vers la même cible.


Nombre de personnalités géorgiennes ont émergé au sein du parti communiste, soviétique. Le plus célèbre d’entre-eux n’est autre que Chevarnadze ancien ministre soviétique des Affaires étrangères, puis après le démantèlement, président de la Géorgie.


Des liens plus qu’étroits ont été tissés avec l’ex-URSS et après, sous le mandat de Chevarnadze, avec la Russie. Alors pourquoi cette hostilité qui vient de se manifester entre Russes et Géorgiens. Comme si des démons cachés depuis des siècles avaient brusquement surgi des entrailles de la terre, contribuant au gâchis qui secoue actuellement le monde. Seraient-ce les Américains? Un parlementaire américain ne vient-il  pas de déclarer: «Les Russes ont raison, nous avons tort», sans commentaire !


 

Abdelmajid CHORFI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com